Observatoire des collèges

DNB 2017 : épreuve orale de soutenance de projet

Cette nouvelle épreuve pose de multiples problèmes aux équipes dans les établissements, du point de vue de son contenu, de son évaluation, de la rémunération des jurys.
Voici un rappel des textes, une analyse, et des propositions du SNES-FSU.

Les textes
En complément de l’arrêté du 31 décembre 2016 relatif aux nouvelles modalités d’attribution du DNB, une note de service n° 2016-063 du 6-4-2016 a été publiée au BO du 8 avril 2016.

Les modalités
L’épreuve porte sur un projet choisi par le candidat mené pendant le cycle 4 dans le cadre des EPI, ou sur un des parcours éducatifs.
Elle a lieu entre le 15 avril et le dernier jour des épreuves écrites du DNB et dure 15 mn (exposé de 5 mn environ et entretien de 10 mn avec le jury).
Sont évaluées la capacité à exposer la démarche, les compétences et connaissances acquises grâce à ce projet, et non le projet en tant que tel.
Les candidats peuvent choisir de présenter l’épreuve individuellement ou en groupe (3 candidats maximum). Dans ce cas, le temps de l’épreuve se découpe de la manière suivante : dix minutes d’exposé pendant lesquelles chacun des candidats intervient, précédent quinze minutes de reprise avec l’ensemble du groupe. Le jury veille à ce que chaque candidat dispose d’un temps de parole suffisant pour exposer son implication personnelle dans le projet.

L’évaluation prend en compte :
- la qualité de la prestation orale du candidat, tant du point de vue des contenus que de son expression et ses capacités de synthèse. La réalisation concrète (production sous forme de projection, enregistrement, réalisation numérique, etc.) ne peut intervenir qu’en appui d’un exposé.
- la capacité du candidat à relier les acquis disciplinaires et culturels à la vision globale, interdisciplinaire du projet.
Le jury peut être composé de tout enseignant de toute discipline. Le chef d’établissement doit tenir compte pour la composition du jury (constitué d’au moins deux professeurs) des dominantes des projets présentés. L’établissement suscite autant que possible la représentation de toutes les disciplines dans ses jurys.
Le candidat peut effectuer une partie de sa présentation en langue vivante, étrangère ou régionale, dans la mesure ou cette langue est enseignée dans l’établissement.

L’analyse du SNES-FSU
Cette épreuve complexe dans son organisation - et qui compte autant que chacune des épreuves écrites (100 points) - va générer de grandes inégalités entre les établissements et entre les élèves, notamment du fait de la diversité des projets possibles (EPI, parcours) et des grilles d’évaluation (locales). Ainsi, les jurys n’auront, de fait, pas la même ambition pour tous les élèves suivant le sujet présenté : par exemple stage de découverte professionnelle, travail interdisciplinaire, PEAC (qui peut être centré sur une pratique personnelle développée à l’extérieur du collège), ou parcours avenir qui peut porter sur le projet d’orientation de l’élève par exemple…En outre, des difficultés d’organisation sont à prévoir : le chef d’établissement doit tenir compte pour la composition du jury (constitué « d’au moins deux professeurs ») des dominantes des projets présentés, tout en assurant « autant que possible la représentation de toutes les disciplines dans ses jurys ».
A noter : il sera sans doute difficile pour certaines LV de prévoir un jury composé d’enseignants parlant la langue choisie, le cas échéant, par l’élève.

Cette épreuve remplaçant celle d’histoire des arts, le SNES-FSU a proposé pour la session 2017 de conserver ce qui avait cours dans l’établissement lʼan dernier si cela fonctionnait bien. L’histoire des arts, qui fait maintenant l’objet d’un programme au cycle 3 et au cycle 4, peut en effet être partie prenante du DNB dans le cadre du PEAC ou des EPI.

Pour la session 2018, il faudra revoir l’épreuve, et plus largement les modalités du DNB, car elles n’ont plus de sens : plus de 2/3 des points renvoyés au local avec l’évaluation du socle et l’épreuve orale.

Le SNES-FSU demande
- l’abandon de l’évaluation du socle car il doit rester seulement le principe organisateur des programmes et nʼa pas été pensé comme un outil dʼévaluation ;
- la prise en compte de toutes les disciplines au DNB ;
- un véritable cadrage pour un examen national comprenant des épreuves terminales et anonymes.

Attention, les jurys doivent exiger un ordre de mission et une rémunération :
A lire ici

Tract spécial épreuves DNB avec les demandes du SNES pour la session 2017 :
A lire ici

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