6 juin 2008
Monsieur le Ministre,
Le SNES, avec les personnels, vous demande depuis des mois l’ouverture d’un débat sur l’ensemble du système éducatif et sur la revalorisation des métiers de l’enseignement. Vous proposez à notre organisation syndicale la signature d’un texte préalable à l’entrée dans des discussions pour une réforme des voies générales et technologiques du lycée.
La demande d’une signature préalable à l’ouverture d’une discussion est en contradiction avec notre conception du dialogue social et de la négociation. En effet, nous avons toujours préféré une discussion directe marquant aussi clairement les points de divergence que ceux de convergence. Pour autant, syndicat majoritaire dans le second degré, le SNES estime de l’intérêt des personnels qu’il représente et de celui du système éducatif, d’accepter votre proposition de discussion.
Cette décision ne l’empêchera pas de porter dans ce cadre les revendications de nos professions et de continuer à mener en outre et en complémentarité toutes les actions nécessaires à la mise en place d’une politique éducative qui soit enfin à même de relever les défis posés au système éducatif.
Une réflexion aujourd’hui sur le lycée ne vous dispensera pas de répondre aux exigences des personnels en matière de conditions de travail, de revalorisation, de statuts. Le SNES vous rappelle l’urgence de mesures significatives de revalorisation de nos professions qui doivent concerner toutes les catégories quel que soit leur lieu d’exercice (collège, lycée, CIO). Résolument opposé à toute politique qui conforterait ou justifierait le tri social et reviendrait sur les progrès réalisés en matière de démocratisation de l’accès aux savoirs et aux qualifications, c’est sans naïveté et avec détermination que le SNES apportera sa contribution à la réflexion sur l’organisation structurelle et pédagogique du lycée général et technologique. Cette dernière imposera des exigences en matière de dotations des établissements et d’offre éducative. Le SNES sera, à ce titre très attentif aux arbitrages budgétaires de cet été et ne transigera pas sur l’exigence que la réforme ne soit pas pilotée par la volonté gouvernementale de justifier la réduction des moyens. Si tel était le cas, il en tirerait immédiat les conséquences qui s’imposent.
Le SNES interviendra dans la plus grande transparence et sera très attentif à ce que, à toutes les étapes, les personnels soient informés et consultés, et à ce que leur expression soit entendue. Soyez, Monsieur le Ministre, assuré de la détermination du SNES à poursuivre son action pour une véritable politique éducative ambitieuse.