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01/11/2002

TECHNOLOGIES de l'INFORMATION et de la COMMUNICATION dans l'ENSEIGNEMENT

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[Information Documentation] [Histoire-Géographie] [Cinéma Audiovisuel] [Mathématiques] [SES] [Langues vivantes] [Lettres] [Sciences Physiques]


NTIC et Information Documentation

Ne confondons pas TIC et Information Documentation.


Tout en développant l’offre d’information, les TICE ne peuvent faire oublier que sa maîtrise n'est pas innée. Les lieux communs « ils trouveront sur Internet », « c’est facile » deviennent insupportables. Nous savons qu’ils trouveront tout et n’importe quoi, après avoir beaucoup erré et parfois divagué.. Trouver des informations pertinentes nécessite une démarche de recherche réfléchie et la mise en œuvre des compétences que les TICE ont sensiblement modifiées : Faire une recherche plein texte ? Utiliser un langage documentaire ? Établir une équation de recherche ?... Les élèves doivent donc apprendre à maîtriser les nouvelles organisations de l'information proposées dans les logiciels documentaires, les annuaires et moteurs de recherche, les cédéroms. La navigation hyper textuelle et hypermédia induit des nouvelles pratiques de lecture. Nous constatons que collégiens et lycéens sont confrontés aux difficultés liées à la fluidité de l'information en ligne, à sa profusion, à l'identification des sources, car il s’agit de médias et de systèmes d’information d’un nouveau type.. Discipline ou pas, l'information documentation, qui certes prend tout son sens si elle s'applique aux disciplines, est bien un objet d'apprentissage à part entière. On ne peut plus nier qu'une formation en information documentation contribue à la réussite des élèves. L’utilisation quotidienne des TICE dans les CDI rend le rôle des professeurs documentalistes encore plus indispensable pour assurer la cohérence de cette formation. Il faut donc recruter ! Pour éviter les dérives vers le cybercafé ? Certes mais surtout parce que le recours quotidien aux TICE dans nos CDI ne doit pas servir d’alibi. Encore faudrait il que tous nos CDI soient suffisamment dotés : l’on trouve encore du matériel en nombre insuffisant et parfois obsolète, des CDI sans connexion à l’Internet. Mais il faut aussi que des solutions soient enfin trouvées pour résoudre la situation scandaleuse au niveau de la maintenance quotidienne. Dans les établissements l’insupportable est trop souvent atteint et les solutions locales ne suffisent plus.



NTIC et Histoire-Géographie


Une pratique s'est considérablement banalisée, celle de la cartographie assistée par ordinateur. Les logiciels de CAO existent dans tous les lycées, et le travail sur la modification des paramètres, l'organisation de la légende, la conception des différentes classes est devenu chose assez courante en lycée, en particulier pendant les heures dédoublées.

Les simulations de situation se développent aussi (démographie, changement de variables.) .

Elles existent aussi , mais plus rarement, en histoire.

L'autre grande utilisation des nouvelles technologies est bien sûr la recherche documentaire. Elle est couramment utilisée , et même prescrite (TPE, ECJS.). Si les élèves ont l'apparente maîtrise technique des moteurs de recherche, l'utilisation pose à une échelle autrement redoutable les problèmes déjà constatés lors de l'utilisation des encyclopédies ; : coupé-collé, noyade dans les documents, difficulté à les sélectionner et les organiser. L'absence de formation documentaire des élèves se révèle ainsi catastrophique.


La part consacrée aux NTIC appliquées à l'histoire-géographie dans les nouveaux programmes de primaire devrait, si elle est mise en pratique, sensiblement améliorer les choses. Les objectifs de cette formation peuvent être poursuivis au collège. il serait bon de les reprendre (cf les programmes de primaire parus récemment au BO).


La formation des enseignants a été organisée : c'est même souvent la seule chose qui reste inscrite aux PAF. Mais elle est notoirement insuffisante, en quantité, et surtout en suivi.


Les NTIC posent un problème beaucoup plus fondamental à l'enseignement de l'histoire-géo, enseignement longtemps fondé sur la mémorisation factuelle . a quoi sert cette mémorisation à l'heure où toutes les informations sont disponibles couramment ? il nous semble que ce devrait être une des raisons de l'aggiornamento nécessaire et sans cesse reculé de nos enseignements : apprendre à problématiser, travailler à partir de concepts, de grilles classificatoires, créer des compétences transférables de situations à d'autres situations nous paraît plus que jamais nécessaire.

D.Comelli


NTIC et Cinéma Audiovisuel


Les options Arts CINEMA ET AUDIOVISUEL se sont toujours intéressés aux NTIC, puisque de l'évolution des technologies dépendait une partie des contenus d'enseignement de la discipline. Bref, l'histoire des technologies est étroitement liée à l'histoire de l'enseignement de l'audiovisuel en France, seul pays au monde où l'on trouve cette discipline au niveau du secondaire (et depuis 1987).


UTILISATION :

Tournage, montage et aussi projection et analyse filmique, on trouve des NTIC partout.


ENSEIGNEMENT

En classe de Terminale, option obligatoire et option facultative, dans Les aspects méthodologiques de la mise en oeuvre, " l'utilisation des TICC permet aux élèves d'aller plus loin non seulement dans leurs recherches documentaires et la présentation qu'ils peuvent en faire (sites Internet, DVD, cédéroms), mais aussi dans l'exploration de nouvelles démarches créatives et formes artistiques jusqu'ici peu ou pas abordées (scénarii interactifs, écriture multimédia, ,jeux sonores et plastiques).

En option facultative en Première, dans l'ensemble libre, on pourra "approfondir les démarches de création s'appuyant sur les nouvelles technologies et poursuivre une réflexion sur les relations entre techniques et arts: la "légèreté" d'utilisation des nouveaux outils de tournage et de montage modifie-t-elle l'écriture ? La facilité des manipulations numériques suppose-t-elle une nouvelle morale ?" (!)


TPE

La messagerie Internet facilite le travail en groupes et la constitution de dossiers communs grâce à l'échange de données, la répartition des tâches entre les élèves du groupe (travail commencé par l'un et terminé par un autre.), puis compilation et uniformisation de la présentation avant impression de l'ensemble du dossier commun.


Suzanne Dené


NTIC et Mathématiques


On se souvient des propos ravageurs de C Allègre annonçant l'inéluctable dévaluation des maths sous prétexte de l'existence de machines pour faire des calculs et tracer des courbes. Ces propos dont l'imbécillité a été prouvée par la riposte de centaines de scientifiques, n'étaient certainement qu'un prétexte aux réductions horaires que devait subir la discipline. De tout temps le développement des mathématiques et l'élaboration des concepts mathématiques ont dépendu des instruments matériels et symboliques de calcul (calculi, abaques, écriture symbolique des nombres, numération, écriture algébrique, logarithmes, tables et règles à calcul.). A l'opposé, il serait tout aussi ridicule de vouloir interdire systématiquement l'usage des nouveaux instruments de calcul sous prétexte qu'ils empêcheraient d'apprendre les maths. Depuis le milieu du XXe les développements de l'informatique interrogent la science mathématique tant au niveau de nouvelles pratiques de recherche (l'ordinateur, outil de simulation, de conjecture, et même de démonstration ) qu'au plan de leurs domaines de recherche ( développement des mathématiques discrètes, algorithmique, logique appliquée .).

Au niveau de l'enseignement des mathématiques, on assiste dernièrement à un flot de prescriptions faisant de l'ordinateur un outil incontournable d'enseignement (tableur, logiciels de géométrie dynamique, simulation d'expériences aléatoires.) : nul ne conteste l'aide qu'ils peuvent, pour appréhender les concepts de variables, de fonctions, les figures géométriques avec leurs invariants, pour visualiser dans l'espace, pour observer " le hasard " et ses " lois ". Les programmes vont plus loin : en réduisant le coût (en temps ) de l'expérimentation, l'ordinateur permet d'introduire une démarche expérimentale dans l'enseignement des mathématiques ; il en changerait ainsi la nature et rapprocherait les mathématiques des sciences expérimentales (BO du 12 Août 1999 annexe 1 l'enseignement des sciences au lycée.) Des séances dans la salle informatique sont d'ailleurs décrites dans un texte rédigé par l'IG de mathématiques comme de véritables séances de Travaux Pratiques. Ces prescriptions pourraient laisser penser que l'intégration de ces instruments dans le cours de mathématiques va de soi. Or elle nécessite des compétences relatives à la technologie utilisées ou des compétences mathématiques qui ne sont pas nécessairement visés par l'enseignement ( par exemple, les notions d'adresses absolues, relatives d'un tableur, la représentation des réels, comment générer un nombre entier aléatoire entre 1 et 6, mais aussi l'écriture de programme avec boucles, test .). Non explicitées dans les programmes, le temps nécessaire à leurs acquisitions est ignoré comme est passé sous silence le temps nécessaire à de véritables démarches expérimentales, avec leurs phase de questionnement, d'observations, de tâtonnements, d'élaboration de tests d'expérimentation, de validation... D'autre part les situations selon qu'elles sont traitées par papier/crayon ou à l'aide de ces instruments ne répondent pas aux mêmes objectifs : elles doivent être pensées selon l'environnement (par exemple l'objectif de tracer la courbe ne peut rester l'unique objectif d'un problème d'analyse ). Actuellement on en est au balbutiement : l'intégration de l'ordinateur se réduit bien souvent dans les manuels a une suite de tâches à exécuter sur l'ordinateur : on est bien loin d'une démarche expérimentale qui intégrerait ces nouveaux instruments.


Enfin une autre question taraude notre discipline : faut-il introduire des contenus nouveaux dans le cours de mathématiques en rapport avec l'informatique. Depuis longtemps les programmes de mathématiques au  lycée tentent  de répondre dans la série S aux besoins des sciences physiques en fournissant (il est vrai, pas toujours à temps ) les outils nécessaires comme  le calcul algébrique, vectoriel, différentiel et intégral ainsi que des connaissances géométriques. On peut se demander si ces mêmes programmes  ne devraient pas intégrer des notions mathématiques en jeu en informatique comme la logique, l'algorithmique, les mathématiques discrètes ( graphes, treillis, automates ) : leur introduction comme mathématiques de l'informatique est préconisée par la commission de réflexion sur l'enseignement des mathématiques (commission Kahane ). Cela remettrait évidemment en cause les diminutions horaires qui ont affecté la discipline .


Le 7/03/2002

stage NTIC


NTIC et SES


Les SES sont une discipline fortement intéressée par l'utilisation des TICE, et ce, à un double niveau :

Enfin, les élèves sont parfois amenés, en SES, à produire et exploiter des enquêtes : des logiciels comme Ethnos ou Sphinx leur permettent de réfléchir aux questions à poser et d'exploiter les données recueillies, en limitant, là aussi, le travail rébarbatif.

Bien entendu, l'ordinateur, c'est aussi l'outils de bureau, pour le professeur mais aussi pour l'élève : travailler une dissertation sur un logiciel de traitement de texte donne la possibilité d'un " mûrissement " sans avoir à tout refaire : l'élève peut reprendre son texte, effacer, ajouter, reformuler. bref, il hésitera moins à revoir sa " pensée ". Mais on se heurte ici aux différences sociales : trop souvent, seuls les élèves équipés en ordinateur chez eux peuvent bénéficier d'un tel avantage. A moins que les établissements soient dotés d'ordinateurs en accès libre en nombre suffisant, ce qui est loin d'être toujours le cas !


Si l'utilisation de logiciels est donc fort intéressante en SES, force est de constater l'insuffisance de leur production. Les outils dont on dispose commence à vieillir et on est loin d être sûr de leur pérennité (STATIS par exemple). Il y a ici une certaine contradiction entre un discours officiel qui met en avant l'utilisation des TICE et la pauvreté des productions spécifiques à telle ou telle discipline et aux SES en particulier. Il faudrait doter de moyens conséquents, et notamment en temps, des équipes de professeurs volontaires et les CRDP pour permettre un essor des TICE, dans un cadre et pour des objectifs appropriés, c'est-à-dire discutés par l'ensemble des enseignants de la discipline.


NTIC et langues vivantes


DISCUTONS ! AVANCONS DES PROPOSITIONS ET DES REVENDICATIONS !


Qui contestera les avantages potentiels présentés par les TICE dans l'enseignement des LV, dont deux des objectifs fondamentaux sont l'expression - communication et la connaissance du/des pays étrangers où la langue est parlée?


Avec des élèves le plus souvent trop nombreux dans les classes, de niveau très hétérogène, peu motivés dans leur ensemble pour l'étude des langues étrangères , souvent peu concentrés, agités ou instables, qu'avons-nous à gagner des nouvelles technologies  et du multimédia ?


Outre des bénéfices communs à toutes les disciplines (modification du comportement des élèves : motivation plus grande, liée à la confrontation à de nouveaux supports,

Prise ce conscience par chaque élève, qu'il peut être pris en compte par le professeur sans être gêné par la présence du groupe , et qu'est possible la recherche d'une progression personnelle : donc responsabilisation de l'élève devant l'apprentissage, nécessaire activité de chacun ; prise en compte par le professeur du niveau personnel de chaque élève , et donc individualisation de l'enseignement ; modification du rôle et de la représentation de l'enseignant (celui-ci n'étant plus unique " fournisseur " de connaissances mais devenant " guide " dans les acquisitions ) - donc transformation du rapport enseignant/enseigné , modification du regard de l'enseignant sur l'élève et de l'élève sur le professeur ; possibilité de rivalité technique avec le professeur, d'égalité avec lui dans l'accès aux informations.)

les LV devraient profiter de la diversité des lieux de cours (labo, CDI, salle de cours traditionnelle favorisant les possibilités d'expression en situations différentes), de la variété des types de cours permise par la pluralité des lieux.

L'utilisation de l'Internet (accès à des sites capturés ou accès libre à Internet) permet une confrontation immédiate et quasi simultanée avec des documents très actuels, authentiques, de natures différentes : image, vidéo, son.

Les possibilités de communication orale et écrite entre les élèves sont en principe accrues.

l'élève doit trouver plus de possibilité et de facilité pour s'évaluer, se corriger phonétiquement , à son rythme (prononciation, intonation, accentuation), et pour mesurer ses progrès en expression spontanée (toute production pouvant être archivée, réécoutée, retravaillée).



Tout dépend cependant de la nature des équipements :

Les possibilités offertes sont très variables, selon que l'établissement dispose d' une salle multimédia ou de plusieurs salles, d'un laboratoire multimédia, qu'il soit équipé ou non d'un réseau. L'avantage en communication sera évident pour peu que les élèves travaillent dans un véritable laboratoire multimédia, où n'importe quelle production du professeur, d'un élève, ou d'un groupe d'élèves peut être immédiatement communiquée par le professeur à l'ensemble des élèves. La salle multimédia ne permet pas ces échanges et est beaucoup moins intéressante.

La taille des salles n'est pas non plus indifférente : comment utiliser une salle de 10 postes ? de 18 postes, quand les effectifs sont de 30, 35 élèves ou plus, sans dédoublement ?

Comment travailler tranquillement en l'absence de personnel de maintenance des équipements ?

A côté des équipements, la formation des enseignants est un aspect incontournable du problème, et pour les enseignants de LV elle revêt certainement une spécificité :

II conviendrait que tous les enseignants de LV aient une formation initiale et/ou continue aux TICE. Il leur faut non seulement manier globalement l'outil informatique, mais également être capable de confectionner, d'élaborer des matériaux spécifiques multimédia langues vivantes (intégration de vidéo, d'extraits d'émissions TV, d'images, de son.), de passer immédiatement d'un stage d'apprentissage à une pratique, pour que les connaissances et les savoir faire se fixent. Le temps nécessaire à cet apprentissage supposerait une décharge de service : sans cela, les stages resteront dans leur grande majorité inefficaces, les enseignants n'ayant pas le temps de mettre immédiatement en application des acquis très fragiles.


L'utilisation des TICE ne se fera certainement pas sans une modification du travail des enseignants : besoin de connaître les sites institutionnels (CRDP...), mais aussi les sites étrangers, donc alourdissement du travail de conception.

Si l'examen et l'utilisation des cédéroms existants ressemble à l'analyse et à l'exploitation des manuels nouvellement publiés, l'analyse des sites Internet (sans arrêt en mutation) susceptibles d'être consultés par les élèves sur tel ou tel sujet, l'examen des banques de données académiques (CRDP.) les échanges entre collègues, eux , complexifient la tâche. Combien d'heures seront nécessaires aux professeurs pour préparer une séquence pédagogique adaptée à une classe donnée ? Le travail de concepteur fait certes partie du travail de l'enseignant, mais comment est-il pris en compte ? N'est-il pas plus lourd avec les TICE ? Quelle est la part du temps de conception par rapport au temps d'application devant élèves ?


Que dire enfin des méthodes pédagogiques ?

Les TICE peuvent-elles ne pas avoir d'influence sur le déroulement " traditionnel " des cours de LV ? Comment intégrer aux séquences multimédia des acquisitions linguistiques nouvelles pour toute une classe ?

Une progression individualisée de chaque élève, permise par l'informatique (avec de petits groupes d'élèves et un temps dégagé pour l'élaboration des supports), est-elle compatible avec un programme et des exigences finales définis nationalement ? 

Du point de vue de l'élève, comment concilier progression , suivi individualisés et progression de classe, évaluation en fin de cycle , avec référence à un niveau national d'exigence ?

Les recommandations actuelles relatives au déroulement des cours, dispensés à une classe entière, restent-elles réalisables ? ( pas de cours de grammaire " magistraux " mais induction / déduction)

Les modifications pédagogiques engendrées par l'utilisation de l'informatique et d'Internet ne supposent-elles pas que les horaires-élèves retrouvent un niveau acceptable (au moins 3 heures hebdomadaires pour tous)?



Peut -on dire qu'il n'y a pas risque, à terme, de substitution du professeur par un logiciel  tout prêt à appliquer ? Cela serait quand même très " intéressant " pour le Ministère de faire travailler seuls des élèves sur ordinateur, avec des logiciels et des banques de données, et un tutorat de temps en temps par un professeur itinérant ? de telles expériences sont en cours dans plusieurs académies, pour les langues les moins enseignées bien sûr : arabe, italien, chinois. Mais d'ici quelques années ? qu'en sera-t-il des autres langues ?


Comment ne pas craindre que l'individualisation de l'enseignement , facilitée par les TICE et préconisée par les nouveaux programmes, ne conduise rapidement à un enseignement local, de " bassin " ou d'" établissement " perdant peu à peu son lien avec un cadre national ?


Comment ne pas s'interroger sur l'utilisation des personnels  enseignants quant à l'édition des matériels multimédia ? la recommandation faite aux enseignants de mettre en commun leurs productions individuelles , au niveau des établissements ou des académies, ne vise-t-elle pas à encourager le bénévolat, les échanges gratuits de travaux de concepteurs ?

Est-il question de prendre en compte les frais engagés individuellement par les enseignants motivés par les TICE ? de prendre en compte leur équipement personnel, leur formation personnelle assurée le plus souvent sur leur temps de liberté et à leurs frais ?


Les TICE sont bien évidemment intéressantes pour l'enseignement des LV, mais leur utilisation généralisée dans l'ensemble des disciplines produira-t-elle de façon continue sur les élèves le stimulus qu'elle produit aujourd'hui ? Ne doit-on pas s'attendre à court terme à une lassitude de la part des élèves ?


Est-il envisageable que le travail des enseignants de LV s'étant formés seuls, soit pris en compte par l'Administrfation , que ces collègues soient " dédommagés " du temps passé à leur formation et que les plus formés d'entre eux ne soient pas recrutés pour encadrer à peu de frais leurs collègues moins performants sur le plan informatique. ?



NTIC et Lettres


C'est le plus souvent au détour d'un texte d'instructions que les programmes de français évoquent les TIC. " ( le professeur) veillera à un travail en liaison constante avec le CDI, pour des lectures et des échanges autour des lectures, et pour l'usage des fonds documentaires multimédias et pluridisciplinaires " ( Nouveaux programmes, classe de Seconde.). " Il existe de plus en plus de bases de données disponibles sur cédérom ou sur Internet. Il est recommandé de ne pas laisser les élèves entreprendre une exploration de ces ressources sans un cadre précis de recherche, et d'en définir le projet en liaison avec le professeur documentaliste " ( documents d'accompagnement des programmes ;)

Passons sur la nouveauté : on " n'envoie plus " un élève au CDI, on l'accompagne dans ses recherches. S'il reste de la place ( au CDI) ou du temps .. !

Il est vrai que le potentiel documentaire des multimédias est sans commune mesure avec les possibilités offertes par les richesses de nos CDI ..Mais c'est précisément pour cela que " l'accompagnement " est plus que jamais nécessaire. Et nous pouvons hélas penser que le découragement viendra bien trop vite, faisant suite à l'enthousiasme éventuel du départ. L'élève, forcément seul durant cette recherche , retient et répercute n'importe quoi. Nous savons tous que les exposés actuels sont faits de dizaines de pages d'imprimante, initiées par des dizaines de clics de souris ..

Cela ne veut pas dire rejet de la part des enseignants de Lettres, au contraire. La plaisanterie qui consistait à dire que les littéraires resteraient longtemps inaptes et éloignés des " modernisations " engendrée par les TIC a fait long feu. Mais aussi, équipement nécessaire des enseignants signifierait financement, ( obstacle sérieux !) de même que formation, incluant les TIC dans toutes les pratiques d'enseignement, et une réflexion sur leur apport spécifique dans la formation de l'élève.

Certes, nous restons perplexes devant les dépenses si aisément consenties, ( sommes bien rondelettes il faut le dire !), car ils avaient - et ils ont - tout de même à l'esprit les épiques batailles pour obtenir pour leurs élèves des " séries " d'ouvrages, pour étoffer le rayon " poésie ", ou pour remplacer par des livres neufs les Balzac, Stendhal et autres Zola des rayonnages, certes encore lisibles ( le papier des années 70 tient encore le coup)( quand il y a toutes les pages ..), mais bien tristounets à côté des " chair de poule " quasi obligatoires pour une adolescence de début de troisième millénaire.et qui risquent encore davantage de jaunir non loin des écrans d'ordinateurs..

Mais richesse il y a, et les enseignants de Lettres ne l'ont pas boudée. Comme pour un texte de chanson qu'ils savent si bien trouver ( 45 secondes), les élèves ont accès à des milliers de textes, qu'ils peuvent trouver par époque, par thème, par auteur ..Il faut toutefois observer en quoi consiste ce contact avec les textes, et l'activité de lecture et de réflexion qu'il engendre. Les " instructions " parlent moins de "  textes " que de "  domaines ". Auront-ils " lu ", quand ils auront " consulté " des dizaines de sites ( des " domaines ? ") sur le romantisme ?


En ce qui concerne l'écriture, les mutations sont également importantes. Nos élèves ont des "  boîtes " et les utilisent , échangent sur de nombreux forums, ( combien parallèlement et auparavant faisaient du courrier " papier  " ?) Donc échanges faciles, comment les mettre en liaison avec des compétences que nous voulons bien encore développer ? Qualité de l'expression, correction du langage, connaissances ?.. Faisons nous peur ( ?) : demain, une dissertation nous est rendue - sur Internet !- avec , faisant corps au texte de l'élève, de nombreux "  fichiers joints ".Comment corrigeons-nous ?

Le traitement de texte permet à des élèves très maladroits de parvenir à un résultat tout à fait honorable. Les "  projets ", comptes-rendus des classes technologiques sont un excellent témoignage.


Nous ne sommes donc pas derrière ou à côté des TIC, nous sommes avec. Et il s'agit de connaissances nouvelles, d'expressions nouvelles, comme il y a des connaissances nouvelles en Histoire ou en Biologie, , il sera bon que les professeurs de Lettres aient les moyens d'être présents et de s'exprimer sur les évolutions et la nécessaire interdisciplinarité entre l'enseignement du français et les TIC.


Pour le groupe LETTRES,

Michel THOMAS 10 mars 2002


NTIC et Sciences Physiques


Ne serait-ce qu'à travers son rôle dans la chaîne de mesure, depuis la gestion de capteurs jusqu'au traitement de données, l'ordinateur en particulier et l'informatique en général prennent une place de plus en plus importante en physique-chimie.

Sans que, à chaque fois, la pertinence de leur utilisation dans l'enseignement soit établie au regard des notions et autres concepts qui doivent être assimilés.


La réponse à ces légitimes interrogations n'est d'ailleurs pas simple, compliquée qu'elle est, entre autres, par une espèce de fuite en avant technique qui, accaparant l'attention sur les possibilités (toujours plus impressionnantes) de la machine, contrecarre la réflexion sur son apport pédagogique, bien qu'il soit susceptible de fortement modifier l'apprentissage envisagé. Étant admis que l'important pour l'élève ne réside pas tant dans les résultats qu'il connaîtra que dans la manière dont il se les approprie, avec tout ce que cela suppose de maîtrise, de raisonnement, de modélisation, de capacité opératoire et instrumentale,... ; bref de tout ce qui peut donner sens et recul sur le savoir et permettre des transferts fructueux en terre inconnue.


Par delà les instructions officielles, trois cas peuvent l'illustrer.


1/ Mesurage

La palette d'utilisation de l'informatique est vaste et variée depuis le simple remplacement (par l'ordinateur) d'un instrument de mesure comme l'ampèremètre ou le voltmètre jusqu'à une expérience clef en main, assistée (accompagnée) par ordinateur.

Par delà la possibilité d'expériences nouvelles mais qui ne peuvent se suffire à elles-mêmes, il convient comme pour d'autres instruments tels l'oscillo, d'en apprécier la pertinence à travers un critère simple, bien entendu modulé par le niveau d'enseignement : nonobstant la visualisation du phénomène, le recours à un tel dispositif en favorise-t-il la compréhension ?


2/ Simulation

Une fois modélisée une situation, l'informatique permet de simuler l'évolution du système correspondant à partir des lois de la physique chimie. Elle est souvent utilisée de manière féconde, faute de possibilité d'expérience, notamment en météorologie (prévision du temps), en astrophysique (évolution des étoiles), en thermodynamique (comportement microscopique de systèmes macroscopiques).

Dans l'enseignement secondaire, elle est souvent utilisée pour explorer des situations voisines relevant d'une même loi (chute libre par exemple) dont elle peut ainsi favoriser l'assimilation, par "découpage" temporel, comparaison de situations ne différant que par les valeurs d'un seul paramètre, ... etc.

Sous réserve, évidemment, de ne pas confondre simulation et expérimentation.


3/ Animation géométrique

Pour se représenter le comportement d'un système, on avait souvent recours au schéma. L'informatique permet de dépasser ce stade figé mais néanmoins suggestif et de le rendre dynamique, "interactif" (au sens où l'on peut modifier des paramètres). C'est particulièrement fécond là où s'impose une vision dans l'espace, sous différents angles, comme c'est le cas en stéréochimie.


Bien entendu, dans l'enseignement secondaire, ces applications spécifiques, peu ou prou répandues suivant les goûts et compétences, dans ce domaine, de chaque enseignant, s'accompagnent d'autres utilisations : recherche documentaire sur Internet, traitement de données, traitement de texte, banque de données...

Sans oublier que les nouvelles technologiques ne recouvrent pas que l'informatique : le caméscope (couplé à un téléviseur) permet d'étudier certains mouvements.....

ANNEXE


Dans la mesure où l'informatique voit son importance augmenter régulièrement en physique chimie, les instructions officielles accompagnent plutôt cette tendance comme en témoigne cet extrait de juillet 2000 concernant le nouveau programme de 2nde, le matériel utilisé étant par ailleurs relativement classique (avec néanmoins les caractéristiques adéquates pour du traitement d'images animées).


Les techniques d'information et de communication (TIC)


La physique et la chimie fournissent naturellement l'occasion d'acquérir certaines compétences dans l'utilisation des TIC, dont certaines sont liées à la discipline et d'autres sont d'une valeur plus générale. Outre la recherche documentaire à l'aide de la " toile ", la mise en relation par courrier électronique de classes effectuant une même recherche documentaire ou la comparaison de mesures effectuées simultanément dans des établissements différents sont possibles. L'automatisation de l'acquisition et du traitement des données expérimentales peut permettre de mieux ouvrir la réflexion des élèves aux aspects statistiques de la mesure et au dialogue entre théorie et expérience.

Outre les sites académiques, il faut signaler à l'attention des professeurs le site national http://www.educnet.education.fr/phy, qui recense des travaux de groupes nationaux, des ressources thématiques, des adresses utiles.


Compétences liées aux technologies de l'information et de la communication


Au cours du cycle secondaire, l'élève doit acquérir les compétences suivantes :


Ces compétences doivent être mises en jeu plusieurs fois dans l'année lors des séances de travaux pratiques.


Il n'y a pas de logiciels recommandés : il en est simplement qui sont rappelés dans le document d'accompagnement des programmes.


En tout état de cause, de nombreux logiciels sont disponibles tant pour l'expérimentation (assistée par ordinateur) que pour la simulation et l'animation géométrique. Sans oublier les sites internet, notamment académiques, dont certains permettent le téléchargement de logiciel.


Bien entendu, ils nécessitent un apprentissage pour en tirer parti en terme de physique-chimie (et non seulement d'informatique), de la part des élèves et, plus encore, du professeur.