Monsieur le Ministre,
Je viens de prendre connaissance des projets ministériels concernant l’orientation en milieu scolaire.
Je constate qu’il est prévu de confier aux seuls enseignants la charge d’informer et de conseiller tous leurs élèves, au prétexte que l’intervention des conseillers d’orientation-psychologues devrait être limitée aux adolescents handicapés, décrocheurs ou nouvellement arrivés en France. En revanche, ces personnels devraient se consacrer au nouveau Service Dématérialisé de réponses en ligne, créé par la loi sur l’orientation et la formation tout au long de la vie, et destiné à tous les publics, y compris adultes.
Je vous alerte sur les conséquences, dans les établissements, d’une multiplication d’intervenants qui ne connaîtront ni les étapes, ni la dynamique de développement des projets à l’adolescence, ni le détail des formations et des diplômes, ni les procédures d’orientation et d’affectation.
Les élèves ont besoin d’un professionnel, formé en psychologie de l’adolescence, de l’éducation et de l’orientation, qui puisse suivre leur cursus et le développement de leurs projets, et non d’une plateforme multimédia, où les protocoles de réponses tiendraient lieu de conseils personnalisés.
Je m’inquiète des menaces de fermeture qui pèsent aujourd’hui sur un certain nombre de Centres d’Information et d’Orientation, et de l’attitude de certains Rectorats qui organisent l’asphyxie budgétaire des CIO qui restent.
Je vous rappelle que les CIO sont des lieux- ressources pour l’information et les conseils sur la scolarité et l’orientation, bien identifiés par les jeunes, les parents et les enseignants, et qu’ils doivent pouvoir bénéficier, au contraire, de meilleures conditions de fonctionnement et d’accueil. Je ne saurais accepter leur dilution dans des structures multiservices dédiées à l’emploi et à l’insertion, pas plus que l’ouverture du champ de l’orientation aux organismes privés.
Je vous demande, Monsieur le Ministre, de revenir sur ces projets, contraires à l’intérêt des jeunes et des familles, conduisant à la disparition du service public d’orientation de l’Education nationale, au profit d’une « plateforme » où les collégiens et les lycéens ne trouveront pas leur place.
Je veux voir préserver le rôle des conseillers d’orientation-psychologues, au sein des équipes éducatives, dans un travail de prévention et de mise en œuvre des conditions de la réussite, indispensable à une orientation choisie.
Je demande le maintien des missions et du statut actuel des conseillers d’orientation-psychologues et des directeurs de CIO, et une programmation des recrutements afin de parvenir à une prise en charge maximale de 1 pour 1000 élèves de second degré.