Il faut revaloriser nos métiers !

point de campagne. Plan de revalorisation de Luc Chatel : une provocation

1er octobre 2009

Plus de deux ans après les promesses de N. Sarkozy d’une revalorisation des enseignants, la déception et la colère sont à la mesure des attentes des personnels : le plan présenté par Luc Chatel est une provocation !
 

Déclaration au CTPM de Frédérique Rolet, Co secrétaire générale du SNES-FSU

En tant que candidat puis Président de la République, Nicolas Sarkozy avait annoncé la prochaine revalorisation des enseignants, faisant le constat de la dévalorisation sociale et salariale de ces derniers ; depuis, bien des promesses présidentielles ont été accomplies, celle-ci reste en souffrance.

On pouvait se réjouir que le Ministre de l’Education Nationale présente aujourd’hui un plan devant le CTPM, qu’il ait indiqué récemment que des discussions rapides pourraient s’engager pour permettre une effectivité des mesures en 2010.

On ne peut qu’adhérer à cette volonté de mettre en œuvre ce chantier, après les tergiversations du précédent cabinet. La chute est d’autant plus rude ! Quelles sont les attentes de la profession ? La visibilité de la faiblesse des salaires en début de carrière est criante ; lorsqu’un certifié néo recruté a un salaire équivalent à 1,3 SMIC, il est peu de dire qu’il est mal payé. Il faut donc traiter de façon urgente les débuts mais sans oublier toutes les réalités.

Un certifié au 11ème échelon gagne en euros constants le salaire d’un certifié au 9ème échelon en 1981. Une véritable revalorisation doit donc embrasser toutes les dimensions du sujet : remettre à niveau l’ensemble des rémunérations, traiter la question de l’amélioration des conditions de travail, de la formation et d’une mobilité choisie, traduire l’élévation du niveau de recrutement –assise sur le Master-, reconnaître la qualification. C’est bien une revalorisation générale qu’attendent nos collègues et non des ajustements limités.

La charge de travail n’a cessé de s’alourdir dans le secondaire pour tous les corps, de la multiplication des réunions aux contacts renforcés avec les familles, du suivi des élèves aux questions d’orientation, tandis que le décrochage des rémunérations tant en comparaison des cadres du privé que du public s’accentuait.

Il faut donc traiter l’ensemble des questions, et s’atteler au dossier de la revalorisation en ayant le souci, par le biais de mesures diversifiées, de toucher l’ensemble des corps et des moments de la carrière. La Hors Classe doit devenir un débouché pour tous, sans oublier de traiter la question des Co-Psy, pour lesquels il faut créer un grade équivalent, la durée de passage des échelons doit être raccourcie et un nouveau débouché crée. L’ISOE peut et doit être immédiatement augmentée, ce qui ne serait que justice au regard du contenu du ou effectué.

Enfin, il ne faudrait pas oublier la question des non titulaires et la nécessité d’ouvrir enfin les négociations que nous ne cessions de réclamer sur un nouveau plan de titularisation.

Formation Continue, fins de carrière, conditions de travail et d’emploi, salaires, voici ce que devrait comporter un plan de revalorisation digne de ce nom.

Or, vous proposez aujourd’hui plus un plan dicté par Bercy que guidé par une connaissance des réalités du monde enseignant !

Les enseignants seront recrutés un an plus tard, sur la base d’un diplôme de Master. Rappelons qu’actuellement, les néo-recrutés passent en un an du 1er au 3ème échelon, soit 180€ nets. Proposer 100€ de plus par mois alors qu’on est recruté un an plus tard avec une qualification plus élevée relève de la provocation. Ce n’est pas de la revalorisation mais de la dévalorisation ! Pour les milieux de carrière : rien ! Pour les fins de carrière, alors que la pénibilité est de plus en plus grande pour nos collègues, PEPS, PLP, certifiés et agrégés, et que la durée d’activité ne cesse de s’allonger, rien ! Quant aux conditions de travail, difficile de croire qu’en poursuivant la politique de suppression de postes, avec son cortège de dégradation, on puisse les améliorer.

Globalement, c’est toute l’orientation de ce « pacte de carrière » qui entre en contradiction avec les réalités du travail enseignant. Si rompre l’isolement, c’est permettre la concertation, c’est permettre le travail collectif, une formation sur le temps de travail, des conditions de travail et d’étude qui permettent la réussite dans tous les établissements, cela suppose qu’on ne mette pas en concurrence les personnes, qu’on renforce les solidarités au lieu de les briser, qu’on assure un déroulement de carrière et des conditions d’exercice lisibles. Toute remise en cause des garanties statutaires au profit d’une individualisation accrue irait à l’encontre des valeurs largement portées par les enseignants, du service public d’éducation. Quant aux nouvelles tâches, elles doivent évidemment être prises en compte, essentiellement sous forme de décharges mais il ne s’agit pas là de revalorisation mais de juste paiement par l’employeur d’un surcroît de travail.

Aussi, nous ne pouvons nous inscrire dans ce cadre contraint, et les déclarations de ce jour hypothèquent notre participation aux différentes négociations ; en tout état de cause, nous poursuivrons l’objectif de repousser les limites de ce plan, d’arracher une revalorisation pour tous, faire respecter nos métiers. Nous le ferons avec l’appui des personnels en organisant leur mobilisation.

 

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