Site du SNES26 juillet 2010
La disparition d’un lycée est tout sauf un événement banal. C’est pourtant bien de cela qu’il s’agit avec la fusion maintenant annoncée – probablement pour la rentrée 2011- des lycées Beau Site et d’Estienne d’Orves à Nice. Un lycée de moins, voilà qui sera fort dommageable au moment où la reprise démographique des années 2000 commence à atteindre le second degré. Solution pourtant devenue inéluctable : l’effondrement des classes pré-bac du lycée Beau Site est la conséquence d’une décision politique : la suppression de la carte scolaire qui a donné le coup de grâce à un établissement déjà plombé par un découpage aberrant des secteurs scolaires et la concurrence qu’on a laissé se développer année après année entre les lycées du secteur.
La fusion de deux établissements apparaît aujourd’hui pour ce qu’elle est : une des moins mauvaises solutions. Moins mauvaise en tout cas que le confinement des sections tertiaires à Beau Site qui n’aurait pu que reproduire à terme la ghettoïsation de l’établissement que nous avions connue il y a 20 ou 30 ans pour la même raison. La fusion pose beaucoup de questions et soulève des inquiétudes souvent légitimes. L’administration s’est engagée à agir dans la transparence. Rompant avec l’opacité qui fut de mise pendant plusieurs mois, le secrétaire général du rectorat s’est déplacé dans les deux établissements pour rencontrer les personnels et des délégations des élus aux CA ont enfin été reçues.
Il est urgent aujourd’hui qu’un calendrier soit établi qui permette à tous et à chacun de se situer par rapport à un échéancier clairement établi.
Pour leur part, les deux sections du SNES veilleront à ce que :
le potentiel de formation soit intégralement préservé,
la fusion ne serve pas de prétexte à des économies
sur les postes et que les statuts des personnels soient
rigoureusement respectés,
la fusion ne produise pas la constitution en interne
de mini-ghettos isolant dans la nouvelle structure tel
ou tel type de formation.
La fusion se ferait dans des conditions d’autant meilleures qu’on l’accompagnerait d’une véritable ambition : dynamisation des sections professionnelles, développement du post-bac tertiaire et médico-social, ouverture de perspectives pour l’enseignement général, notamment le pôle artistique, renforcement du pôle sportif, en particulier en repensant/rénovant les installations actuelles.
Sortir des hésitations, ne mégoter ni sur les moyens ni sur l’ambition, c’est le seul moyen de faire repartir le service public sur les deux rives de l’avenue d’Estienne d’Orves.
Fabrice GIOVANAZZI, Lycée d’Estienne d’Orves
Anne-Marie MAUMON, Lycée Beau Site