Site du SNES28 avril 2007
Après les collèges, le dispositif « ambition réussite » vient transformer la politique d’éducation prioritaire au niveau des lycées. Le ministre ayant annoncé en janvier que 40 lycées en France pourraient signer une convention, deux lycées de l’académie de Créteil viennent de le faire (voir encadré). Une circulaire du BO n° 4 du 5/04/07 détaille le cahier des charges pour l’obtention du label. Inscrit dans le cadre du contrat d’objectifs passé entre les autorités académiques et l’établissement, le projet doit s’appuyer sur un domaine d’excellence clairement affiché (culturel, scientifique, sportif...) et un partenariat avec un ou des établissements(s) de l’enseignement supérieur. Des décharges de service ou des heures supplémentaires pourront être attribuées aux enseignants volontaires. Les lycées candidats devront aller à la pêche à l’aide matérielle et/ou financière en s’adressant à la délégation interministérielle de la ville ou aux collectivités locales.
Après la suppression de plus de 3000 postes par la démolition de l’heure de première chaire, la disparition au fil des années de quasiment toute possibilité d’aide et de soutien aux élèves en difficulté, le ministre va donc réinjecter quelques gouttes de moyens dans 40 lycées en France alors que les études (Picketty par exemple) montrent la nécessité d’un abaissement significatif des effectifs. Ce dispositif de dernière minute, conçu au rabais pour le budget de l’État, comporte beaucoup d’interrogations : qui assurera le tutorat et l’aide aux élèves ? Les investissements pour les TICE seront-ils à la charge des Régions ? Est-ce le partenariat avec les entreprises qui assurera des financements complémentaires ?
Nous sommes loin de l’enjeu du même droit à la réussite sur tout le territoire et à l’opposé de l’ambition commune à tous que nous réclamons pour irriguer le système éducatif.
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CRÉTEIL À « L’AVANT-GARDE » ? Deux lycées de l’académie de Créteil ont signé les premières conventions « ambition réussite » : les lycées Malraux à Montereau et Champlain à Chennevières. Un troisième est prévu dans le département de Seine-Saint-Denis. De quelle ambition et de quelle réussite s’agit-il ? Que signifie ce label ? Les critères de choix des établissements sont obscurs : aucun collège EP1 dans le district. Certes le lycée de Montereau est classé en zone sensible et fait partie des 33 lycées dont les effectifs sont limités à 30 en Seconde. Mais ce n’est pas le cas à Chennevières. Ces deux lycées ont des classes technologiques et professionnelles, l’un est labellisé « lycée des métiers » tertiaire et bâtiment, l’autre a des partenariats avec l’industrie nucléaire et EDF (FCIL, DNTS, diplômes spécifiques...). Beaucoup de communication mettant en avant les « bonnes pratiques » mais quelle sera la réalité des dotations supplémentaires ? Après la signature de la convention, les collègues de Champlain auraient appris que le soutien et l’aide aux élèves seraient organisés sous forme d’études surveillées sur les trois niveaux après la fin des cours, en encourageant le recours aux TICE financées par les Régions. Les 32 autres lycées classés difficiles par le recteur n’ont donc pas droit à l’ambition et à la réussite ? Dans l’académie de Créteil, le taux de réussite au bac (73,6 %) est en retard de 8,7 points par rapport au niveau national. Comment penser que ce label décerné à trois lycées sur 160 fera progresser ce taux dans l’académie ? De Robien fait fi de la majorité des lycées réellement en difficulté, certains ayant un taux de réussite au bac autour de 50 %. Dominique Chauvin, secteur lycée de Créteil
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