Site du SNES29 août 2007
Le ministère a publié au http:// education.gouv.fr/bo/2007/28/MENE0701447C.htm une circulaire sur l’« accompagnement éducatif ». L’objectif est de « prendre en charge les élèves après les cours ». Concernant les établissements de l’éducation prioritaire à la rentrée 2007, la mesure doit être étendue à tous les collèges à la rentrée 2008 puis à « l’ensemble des écoles, des collèges et des lycées ».
Organisé en fin de journée après la classe, quatre jours par semaine et d’une durée indicative de deux heures, cet accompagnement offert aux élèves volontaires doit proposer au moins trois domaines : l’aide aux devoirs, la pratique sportive et la pratique artistique et culturelle. Cette mesure, sans aucun financement annoncé, pose de nombreux problèmes dans sa définition et dans ses modalités.
Elle entretient la confusion entre soutien et aide aux devoirs, entre enseignements artistiques et ouverture de l’école sur l’environnement artistique et culturel. Elle occulte la réflexion sur les mécanismes qui engendrent les difficultés scolaires dont la prise en charge doit se faire d’abord dans la classe, en laissant le temps aux élèves, en permettant de varier les approches pédagogiques et les situations d’apprentissage, en construisant des programmes permettant un véritable travail interdisciplinaire. L’aide aux devoirs, activité complémentaire importante, ne saurait dispenser le ministère de créer les conditions d’un travail efficace dans la classe. Alors que le ministère annonce la suppression de plus de 8 000 emplois de personnels d’enseignement et d’éducation, offrir aux volontaires des heures supplémentaires pour encadrer les élèves « après les cours » ou recourir à des intervenants extérieurs peut être perçu comme une provocation avant l’ouverture des consultations sur le métier enseignant.
Soucieux de créer les conditions d’un meilleur accueil des élèves et revendiquant un « accompagnement à la scolarité » qui ne se substitue pas aux activités en classe, le SNES sera très attentif à la mise en place de ce dispositif et demande qu’un bilan quantitatif et qualitatif soit établi avant toute décision de généralisation.
Roland Hubert
roland.hubert@snes.edu