Le SNES soutient les revendications des personnels du lycée Adolphe Chérioux de Vitry sur Seine et demande au ministre d’abandonner ses tentatives de récupération politique et de reconnaître enfin la réalité des difficultés vécues au quotidien par les personnels.
Plus largement il rappelle les conditions d’une politique efficace de lutte contre les violences en milieu scolaire
Lire le Communiqué de presse du mardi 09 février : "Lycée Chérioux de Vitry sur Seine : le SNES soutient les personnels"
Tribune de Roland HUBERT (SNES-FSU) et Massira BARADJI (FIDL).
Titre initial : "Réforme du Lycée : il est encore temps".
Tribune publiée dans Le Monde du 02 février 2010.
« Gâchis et colère sont les premiers mots qui viennent à l’esprit des acteurs de l’éducation quand ils découvrent la réalité du projet de Luc Chatel de "réforme du lycée". Gâchis quand ils mettent le projet en relation avec leur investissement depuis deux ans dans le débat sur cette réforme. Colère à la découverte d’un lycée uniquement pensé et organisé pour la seule moitié d’une génération jugée a priori capable de faire des études supérieures.
La communauté éducative portait la volonté de construire un lycée plus démocratique, qui scolarise plus de jeunes qu’aujourd’hui et qui définit une véritable culture commune capable de transcender les différences de pratiques culturelles et de rapports aux savoirs académiques. Nous avons vainement attendu la réflexion sur cette culture et les moyens d’y faire entrer tous les jeunes, quelle que soit leur origine. Au lieu de partir des verrous à faire sauter, le ministère a enfermé le débat dans un simulacre de discussion technique portant sur de petites stratégies à mettre en oeuvre pour déjouer, à la marge, les actuels biais sociaux qui sont simplement institutionnalisés.
Le ministre a habillé son projet d’un vocabulaire séduisant (accompagnement personnalisé, alternatives au redoublement de la classe de seconde...) et certains ont accepté de s’y laisser prendre, au risque de porter une lourde responsabilité dans la mise en place d’une réforme destructrice. Nous aurions aimé croire que la réalité correspondrait aux intentions affichées, mais nous connaissons le poids de l’application aveugle du principe du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite conjugué avec celui de l’autonomie des établissements. De fait, le ministre a choisi une réforme profonde du système éducatif en jouant la partition de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et du modèle anglo-saxon, dont on ne peut pas dire qu’il ait fait ses preuves en termes de lutte contre les inégalités.
Ainsi, l’accompagnement personnalisé est-il un leurre, voire une supercherie. Sa définition, multiforme, est probablement opérationnelle pour les élèves qui n’éprouvent que peu de difficultés ! Pour les autres, ceux dont l’horaire serait diminué de deux heures hebdomadaires d’enseignement et qui voient disparaître l’actuelle aide individualisée, le compte n’y sera pas : l’accompagnement est conçu autour de la répétition et du mythe de la motivation par la seule connaissance des débouchés. Rien sur les véritables leviers pédagogiques et didactiques qui participent à la construction de l’estime de soi indispensable à la réussite et à l’émergence d’une réelle ambition. Rien sur les conditions de leur mise en oeuvre... renvoyée à la responsabilité locale du chef d’établissement et de son conseil pédagogique nommé par lui et chargé de gérer la pénurie. Rien sur l’encadrement du temps en dehors du cours, dont on sait pourtant qu’il est facteur d’inégalités... Ainsi, le rééquilibrage affiché des séries générales n’interroge-t-il pas les raisons profondes de l’actuelle hiérarchie et la suppression de l’obligation de disciplines (l’histoire-géographie en terminale S ou les mathématiques en L) ne suffira pas pour détricoter les usages sociaux du système. Il ne suffit pas de "donner à voir" en seconde, à travers des enseignements d’exploration sans réels contenus, pour susciter des vocations scientifiques ou littéraires.
Ainsi, la voie technologique, dont la composition sociale est la seule qui soit à peu près à l’image de celle de la société, est-elle réaffirmée, mais son accrochage en seconde est sacrifié dans la définition des enseignements d’exploration technologique. Les premiers éléments sur la réforme des séries industrielles indiquent une dénaturation des disciplines technologiques qui en sont le fondement et le vecteur de réussite des élèves. Pourtant, l’originalité de cette voie dans l’équilibre entre temps de cours et travail personnel, sa spécificité dans les approches pédagogiques et l’entrée dans l’activité scolaire auraient dû servir d’alternative au dogme de la réduction du temps scolaire prôné par Bercy.
Au lieu d’imposer une réforme contre les personnels, au lieu de prendre le risque de la déconvenue à court terme pour les lycéens, Luc Chatel doit prendre le risque du vrai débat, du dialogue et de la confiance, mais aussi celui de l’audace budgétaire ! Il y a urgence. »
Roland Hubert est cosecrétaire général du SNES-FSU, première organisation représentative des enseignants du secondaire ;
Massira Baradji est porte-parole de la Fédération indépendante et démocratique des lycéens (FIDL).
La FSU tient à Lille son 6ème congrès national depuis sa création.
L’essentiel des débats et de l’actualité du congrès à suivre en ligne dans le Journal du congrès
Manifestation nationale pour l’éducation : plus de 12.000 manifestants. Le ministre doit entendre le ras-le-bol et la colère des personnels
Lire le communiqué de presse du SNES (30 janvier 2010)

Après la grève du 21 janvier qui a mobilisé plus de 40% des personnels du second degré, soyons nombreux à Paris samedi 30 janvier pour dénoncer la politique éducative du gouvernement et imposer de l’ambition pour l’éducation et pour ses personnels.
Des tracts et des affiches pour agir et pour convaincre
L’appel à la manifestation sur le site de la FSU

La loi Fillon de 2005 a institué un « socle commun de connaissances et de compétences » que tous les élèves doivent, en théorie, maîtriser avant de quitter le système éducatif.
Depuis deux ans, l’attestation par un livret de compétences de la maîtrise du « socle commun » est expérimentée sans réel cadrage et sans bilan officiel.
Le ministre cherche à imposer sans débat et dans l’opacité la généralisation du livret de compétences du socle commun.
Parce que nous ne voulons pas d’une évaluation incessante de nos élèves qui se substituerait à la construction patiente de savoirs solides et formateurs et à un travail réellement éducatif.
Parce que le socle commun induit un tri des élèves selon qu’ils seraient jugés a priori aptes à poursuivre des études après le collège ou qu’ils devraient se contenter du socle.
Parce qu’une telle évolution du collège ne répond pas aux problèmes et se traduirait par une transformation radicale de nos métiers et de nos conditions d’exercice.
Parce que l’avenir du système éducatif et de la jeunesse mérite mieux que la marche forcée et l’opacité qui nous sont imposées depuis 2 ans
Signez et faites signer la lettre-pétition au ministre sur le livret de compétences.
Le SNES lance un plan d’action continu en janvier pour l’éducation !
Tous ensemble contre les "réformes" Chatel et la politique éducative du gouvernement.
Les personnels doivent prendre la parole pour imposer de l’ambition pour l’école.
Réformes inacceptables du lycée et de la formation des maîtres, pouvoirs accrus des chefs d’établissement dans le cadre d’une réforme de la « gouvernance » des EPLE, conseil pédagogique érigé en échelon hiérarchique supplémentaire, absence de revalorisation de nos métiers, libéralisation de la carte scolaire, attaque contre le service d’orientation scolaire, collège abandonné aux conséquences de la loi Fillon, recours accru à la précarité...
Assez !
Pour faire entendre la voix des personnels, obliger le gouvernement à renoncer à ses « réformes » et imposer une autre politique éducative, le SNES décide d’un PLAN D’ACTION CONTINU tout au long du mois de janvier pour mobiliser les personnels, convaincre et construire la mobilisation pour imposer des choix ambitieux pour l’école et pour ses personnels.
mobilisation dans les établissements pour informer, alerter, convaincre, dès la rentrée : réunions, heures d’information syndicale, assemblées générales, refus collectif de toute anticipation des décrets et arrêtés.
une campagne d’information et d’alerte auprès des lycéens, des parents, de la presse, de l’opinion...
une journée nationale d’action le jeudi 14 janvier
une journée de grève nationale, avec toute la fonction publique le jeudi 21 janvier
manifestation nationale à Paris le samedi 30 janvier
l’US du 26 décembre : 4 pages "action" et 4 pages "La vérité sur les réformes Chatel"
Les tracts et les affiches et les actions dans les académies
Déjà 12.000 signatures.
Signez et faites signer la lettre-pétition contre la réforme Chatel du Lycée
A l’appel d’une intersyndicale représentant 80% des personnels (SNES-FSU, CGT-Educ’action, Sud-Education, SNALC, SNEP-FSU, SNCL-FAEN, SNETAP-FSU, FO) et de nombreuses associations : AEAT (Association des enseignants d’activités technologiques), APBG (Association des professeurs de biologie géologie), APHG (Association des professeurs d’histoire et de géographie), APLV (Association des professeurs de langues vivantes), APSES (Association des professeurs de sciences Économiques et sociales ), SLL (Sauver les lettres), SLNL (Société des langues néo-latines), UDPPC (Union des professeurs de physique et de chimie).
Le ministre a présenté lors du CSE - instance consultative - son projet de réforme du lycée.
Les 4 textes mis au vote ont été adopté malgré l’opposition d’une intersyndicale représentant plus de 80% des personnels (SNES-FSU, SNEP-FSU, SNFOLC, CGT Educ’action, SNALC-CSEN, SNCL-FAEN, SUD Education et SNETAP-FSU) :
Le ministre prétend publier les décrets portant la réforme du lycée avant la fin du mois janvier. Il présentera les textes réformant les séries STI/STL au CSE du mois de mars 2010.
Il est plus que jamais nécessaire de poursuivre et d’amplifier la mobilisation contre la réforme Chatel du lycée !
Signez et faites signer la pétition contre la réforme Chatel
A LIRE :
Déclaration d’ouverture du SNES-FSU (Roland Hubert) au CSE
Déclaration d’ouverture de la FSU (Gérard Aschieri) au CSE
Déclaration d’ouverture de l’intersyndicale (SNES-FSU, SNEP-FSU, SNFOLC, CGT Educ’action, SNALC-CSEN, SNCL-FAEN, SUD Education, SNETAP-FSU)
Communiqué intersyndical (SNES-FSU, SNEP-FSU, SNFOLC, CGT Educ’action, SNALC-CSEN, SNCL-FAEN, SUD Education, SNETAP-FSU) : "le ministre enfonce le clou"
Les syndicats de l’intersyndicale (SNES-FSU, SNEP-FSU, SNFOLC, CGT Educ’action, SNALC-CSEN, SNCL-FAEN, SUD Education, SNETAP-FSU) et la FSU ont voté contre les 4 projets de décrets.
« projet de décret relatif à l’organisation et au fonctionnement des EPLE » : 32 votes pour (Unsa-Éducation, Sgen-CFDT, Ligue de l’enseignement, Snia-IPR notamment), 26 votes contre (FSU, Snalc, FO, CGT, SUD, UNEF, UNL notamment), 7 abstentions dont la FCPE, et 5 refus de vote.
« projet de décret relatif aux enseignements du second degré des voies générale et technologique et à l’information et l’orientation » : 35 votes pour (dont Unsa-Éducation, Sgen-CFDT), 20 votes contre, 13 abstentions dont l’UNL et la FCPE, et aucun refus de vote.
« projet d’arrêté relatif à l’organisation et aux horaires des enseignements de la classe de seconde » : 32 votes pour (dont Unsa-Éducation, Sgen-CFDT), 19 contre, 15 absentions (dont UNL et FCPE), 0 refus de vote.
« projet d’arrêté relatif à l’organisation et aux horaires des enseignements du cycle terminal » : 22 pour (dont Unsa-Éducation), 22 contre (dont l’UNL et la FCPE), 13 abstentions et 7 refus de vote. Cette répartition s’explique en partie par le refus de vote du Sgen et de la Fep-CFDT qui réclamaient la suppression totale de l’histoire-géographie en terminale S.
Le ministre présente jeudi 10 décembre au CSE son texte de réforme du lycée.
Ce projet est inacceptable : autonomie accrue des établissements qui est de fait un renforcement considérable des pouvoirs du chef d’établissement en matière d’évaluation et de pédagogie, transformation des missions des enseignants, réduction des horaires des élèves, orientation scolaire centrée sur la découverte des métiers et l’information au service de la « gestion des flux »…
Cette réforme va bien au delà d’un aménagement du lycée.
Elle porte un projet global de transformation de tout le second degré construit sur le renforcement des pouvoirs locaux et la réduction des moyens et des ambitions.
Dans le même temps, le ministre tente d ‘imposer à marche forcée une réforme de la formation des maîtres unanimement rejetée.
Pour poursuivre avec la profession la mobilisation contre la politique éducative du gouvernement et convaincre plus largement l’opinion, le SNES appelle
à faire du 10 décembre une journée d’action majeure pour obtenir le recul du ministre sur sa réforme du lycée.
Pour les académies de Paris, de Créteil et de Versailles, rassemblement près du ministère à 14h30, au métro Sèvres-Babylone. La manifestation se rendra à l’angle de la Rue de Grenelle, près du ministère où se tiendra le CSE
à poursuivre l’action le 15 décembre pour une autre réforme de la formation des maîtres
Tous ensemble, dans les collèges et les lycées, pour nos métiers, pour d’autres réformes et de l’ambition pour l’école, mobilisons nous !
A SIGNER et FAIRE-SIGNER :
lettre-pétition au ministre contre sa réforme du lycée. Syndicats et associations de spécialistes.
A LIRE :
Communiqué de presse FSU "Pour un lycée plus juste et plus efficace : non au passage en force"
Communiqué de presse intersyndical "Nous réaffirmons notre opposition résolue au projet de réforme du lycée du ministre de l’Education Nationale"
Communiqué de presse intersyndical "Enseigner est un métier qui s’apprend ! Nous refusons la réforme actuelle de la formation des enseignants et exigeons d’autres choix !"
A DIFFUSER :
tracts, argumentaires et décryptages du SNES pour comprendre les réformes et construire l’action.