Année 2018-2019

Motions contre la réforme du lycée : révéler la réalité de cette réforme ! (Toulouse)

Le SNES-FSU a depuis le début dénoncé les mécanismes de la réforme du lycée conduite par Jean- Michel Blanquer. La principale raison : il était (bien trop) facile de rapprocher cette réforme de celle du ministre Darcos qui avait été d’ailleurs conçu clairement comme un levier pour supprimer des postes...

Les 1 800 suppressions qui étaient annoncées lundi, puis - vérité des chiffres - le chiffre pour le second degré 2 600 emplois en moins, sont venus confirmer ce visage de la réforme : oui, il s’agit bien là aussi et surtout d’une réforme faite pour supprimer des postes !

Il est donc plus que temps de dénoncer largement, c’est-à-dire au près de toute la profession, mais également les parents d’élèves dont les enfants seront les premiers à subir les conséquences de cette réforme, les artifices de la parole ministérielle et de montrer ce qu’il en est vraiment de la déstructuration envisagée du lycée, et avec elle du renoncement à conduire le plus grand nombre d’élèves vers une poursuite d’étude ambitieuse.

C’est dans ce sens que le SNES Toulouse a notamment appelé à faire voter en CA des motions sur cette réforme.

Motion lycée de Déodat de Séverac (Toulouse)
Laissez-nous travailler, l’urgence est ailleurs !
Nous, enseignants du lycée Déodat de Séverac, refusons de participer à la mise en place des réformes actuelles du lycée dont nous n’avons toujours pas compris l’objectif pédagogique.
Nous refusons :
- que cette réforme d’ampleur soit imposée dans la précipitation et l’opacité ;
- que cette réforme entraîne la diminution d’une heure trente hebdomadaire par division pour les élèves ;
- que cette réforme oblige certains élèves et certains enseignants à partager leur temps scolaire sur plusieurs établissements ;
- que cette réforme s’inscrive dans une politique de restrictions budgétaires qui permettrait la suppression de 2400 postes dans le secondaire alors que les effectifs annoncés d’élèves sont en augmentation ;
- que cette réforme entraîne des tensions au sein des équipes en raison de la mise en compétition des disciplines pour le choix des enseignements ;
- que cette réforme impose aux élèves un choix de spécialités qui conditionnerait leur orientation dans le supérieur sans connaître les critères de sélection.
A ce jour, nous n’avons aucune visibilité sur les contenus et leur répartition par discipline alors que les établissements doivent déjà se positionner sur une carte de formations.
Aussi, la désorganisation des services due à la complexité de la réforme, au flou entretenu par la distillation des informations va conduire à nous faire perdre un temps précieux pour des objectifs très discutables d’austérité. Un temps précieux que nous consacrons à la réussite de nos élèves, à leur intégration sociale, à leur formation de citoyen pour le maintien d’une cohésion sociale, malgré la destruction d’un certain nombre de solidarités. C’est pourquoi nous refusons cette réforme et demandons au gouvernement de revoir son projet et de se consacrer aux vrais problèmes de notre temps. Ce que nous voulons c’est un projet à la mesure de l’enjeu réellement important aujourd’hui, un projet qui dépasse certes largement l’Education Nationale mais dans lequel elle a tout son rôle à jouer, un projet qui soit porteur de sens et qui sorte des logiques comptables qui nous conduisent droit dans le mur, un projet qui, enfin, nous permette de répondre à l’urgence écologique et soit porteur d’espoir.
Et là, oui, nous, enseignants du lycée Déodat de Séverac, nous serons prêts à nous engager. »

Motions présentées au CA du Lycée Toulouse-Lautrec le 2 octobre 2018
Motion 1 :
« Nous, élus au Conseil d’administration, déplorons la précipitation de la mise en place de la réforme du lycée qui ne laisse pas le temps à l’établissement et aux équipes pédagogiques de s’y préparer. »
Motion 2 :
« Alors que le Rectorat demande au lycée de se positionner dés à présent sur l’offre de spécialités pour la rentrée 2019, nous, élus au Conseil d’administration, considérons qu’il est difficile, voire impossible, pour l’établissement de faire des choix pertinents en l’absence d’information sur le contenu des programmes et des enseignements de spécialités. »
Motion 3 :
« Nous, élus au Conseil d’administration, contestons que la réforme du lycée soit mise en place avant même d’avoir évalué la précédente réforme et sans réelle concertation avec les personnels et usagers. »
Motion 4 :
« Au-delà des conditions dans lesquelles le Ministère de l’Education nationale met la réforme en place, nous dénonçons :
1) Le fait d’imposer aux élèves, notamment en seconde, des choix d’enseignement qui vont déterminer leur avenir, alors qu’ils n’ont pas encore la maturité, ni les informations nécessaires pour choisir en conscience. La communication ministérielle laisse penser que chaque élève aura la liberté d’associer les enseignements de spécialités qu’ils souhaitent. Or, il est prévisible que les contraintes d’organisation matérielle ne le leur permettent pas. Les élèves seront-ils tous égaux devant cette prétendue liberté de choix ?
2) La nouvelle carte des formations, qui en mutualisant les enseignements et en mêlant de surcroît l’offre publique et privée, voire celle de l’enseignement à distance, aura les conséquences suivantes :
- Le parcours d’orientation des élèves sera déterminé davantage par leur lieu de résidence que par leurs aspirations.
- Les établissements seront mis en concurrence sur les offres de spécialités et d’options, ce qui renforcera les inégalités entre eux.
- Certains enseignants seront amenés à intervenir dans des enseignements qui ne correspondent pas à leur formation initiale et pour lesquels ils n’auront pas reçu la formation requise (ex : enseignements numériques…).
En conclusion, nous pensons que le but premier de cette réforme n’est pas tant l’intérêt des élèves qu’un objectif comptable de suppression de postes. »
 »

Appel des enseignants du Gers
Nous, enseignant.es et élèves gersois.es, refusons de participer à la mise en place des réformes actuelles dont le but n’est pas la réussite des élèves et la qualité de leur éducation mais un moyen de supprimer des postes et de former une élite au détriment de la majorité. Pour partager les expériences de tous les établissements et réfléchir à des stratégies et mobilisations communes à l’échelle du Gers, nous proposons de nous réunir en
ASSEMBLÉE GÉNÉRALE le 9 octobre 2018 vers midi, en fin de manifestation, sur le Parvis de la Cathédrale.

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