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Au moment du concours comme lors de l’affectation en stage, de moins en moins de "sang neuf" pour le Second degré

A la session de 2018, les postes offerts aux concours ont diminué de 19,3 %. La baisse s’est poursuivie à la session 2019 avec -15,3 %. L’affectation de personnels nouveaux qui n’étaient ni contractuels ni personnels titulaires de l’EN ne cesse de diminuer : 8273 en 2017, 7480 en 2018 et 6888 en 2019.

Lauréats des concours

Si l’an passé la baisse du nombre de postes aux concours avait masqué la crise de recrutement, elle ressurgit cette année avec vigueur : 747 postes ne sont pas pourvus sur les concours enseignants externes hors PLP et EPS, au lieu de 510 en 2018 (+46,47%).
Les disciplines traditionnellement en tension le restent pour la plupart : 228 postes perdus au CAPES Mathématiques, 82 en Lettres classiques, 100 en Allemand, 54 en Sciences Industrielles de l’Ingénieur (SII), toutes options confondues, 43 en Economie-Gestion, toutes options confondues.
A l’agrégation externe, c’est en Mathématiques que la perte est la plus forte (83 postes), en Lettres classiques (17), en Eco-gestion (13) et SII construction (3). Au troisième concours, 44 postes sont perdus, pour l’essentiel en Mathématiques (34) et en Lettres classiques (7). Ainsi, en Mathématiques, pour l’ensemble des concours externes, près d’un poste sur cinq a été perdu !
Les Sciences physiques rejoignent la liste des disciplines dont tous les postes ne sont pas pourvus : les postes au CAPES avaient précédemment toujours été pourvus. Tous les postes offerts au CAPES externe d’Anglais et de Lettres modernes ont été pourvus, mais leur nombre est bien inférieur à celui de l’an passé.
A ces pertes il faut ajouter les doubles admissions, les abandons, démissions ou congés de l’été. Des listes complémentaires ont été ouvertes, mais seuls 123 candidats y ont été inscrits (contre 105 l’an dernier). Au total, sur 126 concours qui ont fait le plein de leur liste principale, seuls 16 listes complémentaires ont été dressées… alors que les textes invitent à le faire de façon systématique.
Diminuer le nombre de postes offerts au concours n’empêche donc pas que ceux-ci ne soient pas tous pourvus. Pire, cette année, le nombre d’inscrits aux concours de notre champs de syndicalisation diminue de 7,2 %. A l’heure actuelle, le nombre de présents aux épreuves écrites n’est pas encore disponible pour la session 2019, mais depuis plusieurs années, seul un candidat sur deux se présente au concours auquel il s’est inscrit ! L’effet dissuasif de la baisse des postes se cumule probablement à l’absence de toute aide financière pour permettre aux étudiants de préparer leur concours sereinement.
Les postes aux CAPES internes sont quasiment pourvus, excepté en Lettres classiques, Anglais et Mathématiques (-30). Sans que cela soit à proprement du sang neuf, le nombre de postes devraient être fortement abondé pour permettre aux contractuels, AED d’être titularisés. Il aurait aussi été possible d’ouvrir des listes complémentaires, et de compenser par ce biais les pertes du recrutement à l’externe.

Stagiaires affectés

Les lauréats affectés dans le second degré général et technologique (hors EPS) sont en diminution de 7 % (9228 au lieu 9874, après une baisse de 10 % en 2018).
Les lauréats qui représentent du sang neuf hors contractuels et titulaires sont cette année au nombre de 6888 au lieu 7480 en 2018 (-8,6%) et 8273 en 2017. Les reports de stage baissent de 7 %, autant que le nombre de lauréats.
Avec 34 000 élèves en plus la rentrée s’annonce plus difficile dans le second degré.
Les inscrits en M1, maintenus dans leur académie, ne représentent, comme les années précédentes, que 38,6 % des lauréats affectés, mais la proportion varie selon les disciplines. 69 % des lauréats CPE ont au moins un M2, comme 98 % en Philo, 85 % en Arts plastiques… Les lauréats des disciplines déficitaires ou en tension sont au contraire les plus nombreux à être inscrits en M1 : 47 % en Anglais, plus de 40 % dans en Eco-Gé, 40 % en Mathématiques, 43 % en Lettres modernes, 60 % en Éducation musicale. La réforme du concours annoncée par Jean-Michel Blanquer, qui se traduira par l’élévation du niveau de recrutement en 2022 devra s’accompagner de mesures d’aide et de prérecrutements sous peine de créer des difficultés supplémentaires.

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