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Un film de Yan England (Canada)

« 1 : 54 » Sortie en salles le 15 mars 2017.

Une minute cinquante quatre, c’est le temps que doit effectuer Tim sur 800 mètres s’il veut participer aux championnats qui lui ouvriront la porte de la compétition internationale.

Son coach l’en sait capable et l’encourage à un entraînement intensif qui devrait l’amener à battre le tenant du titre, Jeff, un garçon de sa classe qui est prêt à tout pour garder sa place.

Or, Tim qui est passionné de chimie entretient une amitié exclusive, qui va bientôt faire jaser, avec Francis, un autre garçon de sa classe.

Tim qui, par ailleurs, est devenu l’ami de Jennifer, une jeune fille au caractère bien trempé et déterminée à l’aider, saura-t-il faire face à la cabale qui s’est organisée contre lui et défier, sur le stade, le redoutable Jeff ?

Cinéma : 1:54

Yan England connaît bien le milieu sportif et celui des adolescents puisqu’il a été entraîneur de natation pour des groupes de jeunes durant des vacances d’été.

« 1:54 » , son premier long métrage est le portrait d’un garçon de seize ans soumis à des pressions multiples tant de la part d’adultes qui veulent l’amener à dépasser ses limites comme son coach, ou un père aimant mais maladroit et d’une extrême pudeur quand il s’agit d’exprimer ses sentiments, que de la part de ses semblables en âge quand ils détectent des particularités de comportement qui exacerbent leur intolérance.

La passion pour la chimie de Tim et la complicité qui le lie à son camarade qui partage son goût pour les expériences dans le domaine, vont très vite paraître suspectes aux yeux des leaders de la classe qui vont voir là le moyen de le déstabiliser.

Ils déduisent de leur comportement particulier, que Tim et Francis entretiennent une relation homosexuelle et Jeff va se servir de cette homosexualité supposée et en répandre le bruit pour les discréditer au sein du collège et par là même, décourager Tim à concourir pour les championnats.

La première victime sera Francis et le suicide de ce dernier, dont Tim se sentira partiellement responsable, va provoquer une première onde de choc et affaiblir l’adolescent qui se sentira désormais plus seul que jamais et livré en pâture à ses détracteurs.

Sur les sujets de la marginalité, de l’intolérance et de l’homosexualité chez les adolescents, Yan England, sans éviter certains clichés, propose un récit à la fois brut et sensible.

Les personnalités tranchées des différents protagonistes entre cruauté, bons sentiments et attirances refoulées, conduisent doucement à la tragédie.

La séquence finale au cours de laquelle sont regroupés les acteurs du drame, dans son total dépouillement, est d’une grande force.

Chaque année, des centaines de jeunes, de l’école élémentaire au lycée, sont victimes de harcèlement de la part d’autres élèves. Le harcèlement en milieu scolaire est un fléau qu’il faut dénoncer pour le combattre.

Le silence autour de ce phénomène est coupable.

Le film de Yan England est le support idéal pour ouvrir un débat avec un jeune public sur les thèmes des violences physiques, des brimades, de l’homophobie à l’école, de l’intolérance et de l’usage redoutable des nouveaux moyens de communication..

Francis Dubois

En PJ : document pédagogique du film

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