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Un film de Sébastien Betbeder (France)

"2 automnes 3 hivers" Sortie en salles le 25 décembre 2013.

A trente -trois ans, Arman est un dilettante. Il prend, pour se rassurer, des décisions qui ne l’engagent en rien, comme celle d’aller courir régulièrement dans un parc.

Amélie, de nature plus stable, a décidé de courir aussi.

Et ce qui devait arriver, arrive : un matin où ils étaient l’un et l’autre, perdus dans leurs pensées, ils se télescopent.

Dans l’instant même, Arman sait qu’il a gravé à jamais le visage de la jeune femme dans sa mémoire.

Le hasard les fera se rencontrer une autre fois…

Benjamin est l’ami de toujours d’Arman. Un jour, celui-ci s’écroule et se retrouve hospitalisé pour un AVC.

Un mal pour un bien, pendant son séjour à l’hôpital, il rencontre Katia et c’est entre eux, le début d’une belle histoire d’amour.

Deux automnes, trois hivers durant, dans les vies d’Arman, Amélie, Benjamin et Katia vont se succéder les rencontres, les accidents, les histoires de cœur, les déceptions.

Sébastien Betbeder a choisi de baser la construction de son film sur le principe de la digression de sorte que, sans cesse, un personnage en amène un autre, une situation, une autre et que les récits s’enchevêtrent à la façon d’un puzzle mais sans jamais perdre le fil conducteur tissé par les états d’âme et le regard des quatre personnages principaux.

Le ton général, même si le film est avant tout une comédie, fait un constat teinté d’amertume, de la vie encore tâtonnante de ces trentenaires aussi indécis en amour que dans leurs projets professionnels.

L’originalité de "2 automnes 3 hivers" tient essentiellement au fonctionnement digressif du récit. Elle l’est beaucoup moins dans les monologues "regard caméra" et dans les moments où, abandonnant le cours des histoires, les personnages s’adressent aux spectateurs.

Pour exemple, le dialogue entre Arman et Amélie lors de leur première rencontre dans le parc.

Amélie, regard caméra, dit : "C’est nul comme discussion" ce à quoi Arman répond "Ouais, vraiment nul, sans aucun intérêt" avant qu’Amélie ne reprenne :"Mais c’est le début de notre histoire !"

Il y a dans cette candeur narrative peu innovante, quelque chose qui affaiblit le récit.

"2 automnes 3 hivers" fonctionne ainsi par à-coups, alternant moments justes et drôles et maladresses.

Les passages éphémères des personnages annexes ne s’intègrent pas toujours très bien au récit général et on peut garder du film de Sébastien Betbeder, une impression de décousu.

Vincent Macaigne va devoir un jour ou l’autre, sous risque de lasser, abandonner son personnage de tendre malicieux échevelé.

Francis Dubois

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