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Un film de Peter Greenaway, Edgar Péra, Jean-Luc Godard (France)

"3x3D" Sortie en salles le 30 avril 2014.

Dans la ville de Guimarâes, trois réalisateurs de grande renommée, un anglais, un portugais, un franco-suisse explorent la 3D et ses retombées sur notre perception du cinéma en ce début de millénaire.

Surimpression et superposition d’images pour Peter Greenaway, interrogation ludique sur le nouveau spectateur de cinéma pour Edgar Péra, esquisse d’une histoire du cinéma en 3D pour Jean-Luc Godard.

"Just in time" de Peter Greenaway.

Un regard de 17 minutes sur deux mille ans d’histoire portugaise. Guimaràes, ses héros, son centre historique dans un film qui explore les possibilités de la 3D.

Il s’agit du même plan séquence de cinq minutes répété trois fois, le matin, le midi et le soir de 200 ans avant JC jusqu’à la fin du gothique tardif de la Renaissance, puis de la Renaissance à l’époque contemporaine.

"Cinesapiens" de Edgar Péra.

Un voyage du spectateur dans différents genres et âges du cinéma.

Un " néo cinéma" avec attractions utilisant la 3D comme catalyseur d’une ciné-nouveauté.

« Cinésapiens » est la création trans dimensionnelles de créatures présentes dans les mémoires des spectateurs parce qu’ils ont marqué à jamais l’écran de leur présence.

C’est celle d’un monstre crée par kino-Frankenstein, qui lorsqu’il se regarde dans un miroir, y voit un condensé de la ciné-Histoire.

"Les trois désastres" de Jean-Luc Godard.

L’histoire du cinéma doit-elle dorénavant passer par la troisième dimension ? Un héritage à deux dimensions ne nous suffit-il plus ?

Le cinéma se réinvente-t-il ou bien est-il en train de tomber dans l’oubli pour le moins ou

signer son arrêt de mort dans le pire des cas ?

"Si la perspective est le péché originel de la peinture occidentale, la technique était son fossoyeur".

La conquête de l’espace a fait perdre la mémoire à tous.

Passage obligé des nouvelles techniques cinématographiques ou effet de mode éphémère dont on découvrira un jour qu’il n’est que fantaisie, la 3D souvent utilisée à tort et à travers pour appâter le spectateur amateur de nouveaux "frissons" finira-elle avant d’avoir vécu ?

Se souvient-on d’un cinéma en relief, d’un cinéma olfactif qui n’ont jamais connu de lendemain ?

Greenaway, Péra et Godard se prêtent au jeu de la 3D avec intelligence, humour, poésie pour mieux la livrer à l’oubli.

Une "pépite".

Francis Dubois

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