Actualité théâtrale

Jusqu’au 13 mai au théâtre Essaïon

« 44 duos pour violons, Béla Bartók » Mise en scène Jean Pétrement

Le spectacle de la Compagnie Bacchus, qui se joue au théâtre Essaïon, évoque l’univers de Béla Bartók (1881-1945) en même temps qu’il donne à entendre les 44 duos pour violons du compositeur hongrois. Il s’agit donc d’une formule originale de théâtre-concert où se mêlent théâtre et musique.

Les 44 duos pour violons ont été publiés pour la première fois en Hongrie en 1931. Ils étaient destinés aux élèves du compositeur «  pour qu’ils puissent, dès leurs premières années d’études, jouer des œuvres dans lesquelles se trouve la simplicité naturelle du peuple et aussi ses particularités mélodiques et rythmiques  ». Les duos, dont la durée varie entre 24 secondes et quelques minutes, sont directement inspirés d’airs populaires hongrois, roumains, serbes, slovaques et même arabes, mais ils font une large place aux nouvelles formes musicales, celles que Bartók avait rencontrées lors de son séjour à Paris à l’écoute de Debussy et de Stravinski, et qui remettent en cause l’harmonie et le mouvement mélodique traditionnels. Ils sont interprétés par deux jeunes violonistes Clément Wurm et Léonard Stefanica qui jouent aussi la comédie.

Jean Pétrement , qui a mis en scène, interprète un Béla Bartók tout en retenue mais qu’on sent dévoré par l’amour de la musique, de son pays et de la liberté. Son texte, qui repose essentiellement sur la correspondance du musicien, s’articule en quatre parties dans lesquelles on retrouve Bartók «  évoquant son intérêt pour les musiques traditionnelles, son attachement à sa terre natale et à ses compatriotes, sa recherche et ses ambitions musicales mais également ses réflexions sur l’époque, son engagement politique, son opposition à la montée du nazisme, son exil à New-York  ». Il s’agit pour Jean Pétrement de proposer une approche sensible de l’univers de Bartók. Pour ne pas tomber dans un didactisme pesant, il se contente d’évoquer brièvement les éléments indispensables de sa vie et lit des lettres où le compositeur expose ses conceptions musicales. Quant aux musiciens, ils ne se contentent pas d’interpréter les duos, ils deviennent aussi acteurs pour entrer dans le débat sur les transformations de la musique voulues par Bartók. La musique, la parole, le corps tout fait sens dans leur interprétation.

Il faut souhaiter que les lycéens soient nombreux à voir ce spectacle en compagnie de leurs professeurs d’histoire et de musique. Après avoir pris plaisir à un spectacle vivant et de grande qualité, ils pourront alors le prolonger en classe par une réflexion sur les rapports qui unissent l’art et la vie.

Micheline Rousselet

Les lundi et mardi à 20h, le dimanche à 18h

Théâtre de l’Essaïon

6 rue Pierre au Lard 75004 Paris

Réservations 01 42 78 46 42

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