Réforme du Lycée. Le point de vue des PsyEN

54 heures pour l’orientation : Un accompagnement problématique !

2nde GT : 54h pour l’orientation ?
La DGESCO vient de rendre public un document d’accompagnement pour la mise en place des 54h annuelles destinées à l’orientation. Ce texte élaboré sans aucune concertation, est une réécriture du référentiel du parcours avenir qui lui, au moins, avait été construit après une concertation organisée par le conseil national des programmes et des consultations des organisations syndicales.
Ce texte anticipe et va au-delà de l’article 10 de la loi avenir professionnel.

-  Le préambule indique la participation des régions dans l’accompagnement à l’orientation, des régions dans les établissements scolaires. Il présente deux dangers : la différenciation territoriale et dans de nombreux cas l’intervention de structures privées associatives dont certaines déjà bien connues (1000 entrepreneurs, Jeunesse entreprise, la fondation « Entreprendre pour apprendre », « Citizen entrepreneurs » ...) qui sont financées par des multinationales et portent un discours idéologiquement très marqué.

Le rôle des régions ne correspond même pas au contenu de la loi qui le limite à l’information de portée régionale. On sait très bien que les organismes mandatés seront ces fondations et associations, qui viendront diffuser la « bonne parole » sur l’entreprenariat que la DGESCO a réussi à réintroduire dans les objectifs !

-  On peut s’étonner que ces directives ne s’inscrivent nullement dans le référentiel du parcours avenir. La DGESCO a en effet réécrit totalement, un programme qui méconnaît totalement la manière dont se construit un projet d’orientation à l’adolescence.
Dans les actions mentionnées, il est essentiellement question de l’information sur l’orientation. La dimension psychologique de la réceptivité de l’information, le développement psychologique de l’adolescent, la perspective temporelle de l’individu, tous ces processus ne sont pas pris en compte et l’intervention du PsyEN est réduit essentiellement à l’information sur les filières de formation et aux tests. Curieux au moment où le ministre ironise sur la rencontre-magique qui permettrait à chaque élève de trouver sa voie !

-  La possibilité de changer, d’évoluer dans ses choix et ses intérêts n’est pas mentionnée. Qu’adviendra-t-il des élèves ayant choisi certaines spécialités en Terminale et souhaitant s’orienter vers des études post-bac ne correspondant pas à celles-ci ? Le droit à l’erreur et à la réorientation ne semble pas envisageable alors que cela peut faire partie des étapes dans la construction d’un projet d’orientation.
-  La mise à l’écart des PsyEN sur les questions du travail est non seulement une offensive idéologique libérale mais un non sens pour les élèves qui ne construiront pas leurs projets dès la seconde à partir de l’étude des données statistiques et de comparaison internationale sur les métiers qui recrutent ou sur l’intérêt de devenir « entrepreneur de soi » et des risques qui vont avec !