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Un film de Omri Givon (Israël)

"7 minutes au paradis" Sortie en salles le 14 octobre

Sept minutes, c’est au moment de la mort, le délai accordé aux âmes qui ne sont pas prêtes, pour décider de revenir à la vie.
Galia a été victime d’un attentat à Jérusalem. Considérée comme morte, elle est miraculeusement sauvée par un homme, qu’une fois remise, elle décide de retrouver. Elle voudrait avoir des précisions sur la catastrophe d’autant plus que son fiancé, Oren, y a péri. Un bijou qu’elle portait le jour de l’attentat qui lui a été mystérieusement restitué sous enveloppe est son seul indice.
Témoin d’un malaise de la jeune femme en pleine rue, un homme lui vient en aide. Le service qu’il lui rend à ce moment-là nécessite qu’ils se revoient. De façon discrète l’homme gagne du terrain sur la vie de Galia qui n’est insensible ni à son dévouement ni à son charme…
Le film d’Omri Givon se déroule durant l’une des vagues d’attentats les plus sanglants de la seconde intifada. Mais il ne va pas, dans son récit, au delà de l’attentat dont sont victimes les deux jeunes gens. Son film est très lié à la ville de Jérusalem, une ville que lui-même a du mal à définir et qui, comme le personnage de Galia, reste énigmatique, faite de contrastes, à la fois palpable et profondément mystérieuse.
"7 minutes au paradis" est-il le simple récit d’une histoire amoureuse construite sur le désastre du deuil ? Est-il celui du déroulement des sept minutes fatidiques au cours duquel Galia, entre la vie et la mort, imagine une rencontre idyllique et un dénouement possible à partir de cette rencontre, pour mieux se contraindre à faire, au bout du compte, un vrai choix même s’il est douloureux ?
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Le spectateur est-il libre de construire sa propre histoire en ne retenant que certains éléments du récit et en en éliminant d’autres qui viendraient ici et là, contredire son option ?
Le jeu est en tout cas passionnant de suivre dans cette sorte de labyrinthe qu’emprunte le déroulement narratif, le tracé d’un voyage intérieur dans les profondeurs d’une âme prise entre la vie et la mort. Les personnages existent-ils ou ont-ils existé, ou existeront-ils ? Celui de Boaz se contente-t-il, à partir d’une rencontre furtive, de s’imposer dans le subconscient de Galia ?
Le film met le spectateur devant un choix, dans une position active et ouverte en lui laissant une marge d’interprétation et de doute, et en le plongeant dans une sorte de frustration réjouissante.
Francis Dubois

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