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Un film de Lee Sujin (Corée du Sud)

"A cappella" Sortie en salles le 19 novembre 2014.

Han Gong-ju, une jeune lycéenne se voit contrainte de quitter l’établissement scolaire où elle était élève et d’aller s’installer provisoirement chez la mère d’un de ses professeurs.

Une enquête policière a lieu dans son quartier d’origine.

Même si l’adolescente n’a rien à se reprocher, et si elle mériterait plus des excuses que des accusations, sera-t-elle en mesure d’échapper à son passé de victime ?

La société marquée par l’individualisme et l’indifférence pérennise l’existence d’agresseurs qui agissent en toute liberté, mènent le jeu, jusqu’au jour où le vent tourne en leur défaveur et où ils deviennent à leur tour, des victimes.

Contrairement à ce qui se passe dans beaucoup de pays occidentaux, dans de nombreux pays d’Asie, les agresseurs sur qui rejaillissent les effets de leurs actes font figure de victimes. Et les vraies victimes comme Han Gong-ju peuvent, sans aucune aide psychologique d’aucune sorte, se trouver au contraire ostracisée, marginalisée et réduite au silence.

Même si les services d’aide aux victimes de violences conjugales, d’agressions sur mineurs, de harcèlement sexuel, de meurtres, viol, pédophilie commencent à se développer à travers le pays depuis l’affaire médiatisée du suicide d’un collégien en 2011, les véritables victimes sont le plus souvent tenues de faire profil bas.

Une structure narrative limpide n’est pas au cœur des préoccupations immédiates de la mise en scène de Lee Sujin.

Une narration linéaire traditionnelle qui aurait rendu le récit plus clair, aurait, à son goût, avec une abondance de flashbacks, conduit à une stigmatisation des agresseurs et des victimes.

"A Cappella " commence et finit dans un présent auxquels les événements du passé se confondent, pour rendre compte de la tragédie vécue par l’adolescente qui ne sera dévoilée qu’en toute fin de récit.

Il faut plonger dans le mental de la victime, dans les événements suggérés qui l’ont obligée à quitter le secteur où elle était scolarisée, pour pouvoir déboucher sur la réalité des faits, remonter le cours des événements et situer clairement les protagonistes du second plan de l’histoire

"A cappella " est un film attachant, esthétiquement réussi, magnifiquement interprété, dont le déroulement énigmatique contribue à son charme

Francis Dubois .

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