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Un film de July Jung (Corée du Sud)

"A girl at my door" Sortie en salles le 5 Novembre 2014.

Young-Nam est une toute frêle jeune femme qui assure les fonctions de lieutenant de police. Elle vient d’être mutée d’un commissariat de Séoul à celui d’une bourgade de la Corée profonde.

Un mystère plane à propos du motif de cette mutation qui a toutes les apparences d’une sanction disciplinaire.

Une nuit, au cours d’une tournée de routine, Young- Nam croise une adolescente en errance dont elle va découvrir qu’elle est en souffrance et subit quotidiennement les violences d’un père alcoolique.

Lorsque la fillette frappe un soir à sa porte et lui demande asile, elle l’accueille pour la nuit.

C’est alors qu’on apprend que Young-Nam a été mutée pour homosexualité notoire.

Cinéma : A girl at my door

La première question qui vient à l’esprit quand on apprend que Young-Nam a été sanctionnée par sa hiérarchie pour homosexualité, est de savoir comment elle peut se montrer naïve au point de prêter le flanc aux mêmes accusations que par le passé, en accueillant chez elle une adolescente, d’abord pour une seule nuit, puis pour toute la durée des vacances.

Est-ce par pure inconscience ou par réflexe civique qu’elle est conduite à mettre la jeune victime sans défense à l’abri des violences de son père ?

La cohabitation de l’officier de police et de la jeune fille, malgré les précédents, ne semble poser aucun problème dans un premier temps, mais la visite d’une ancienne compagne de Young Jung venue la relancer, va enflammer la situation.

Alors que les deux femmes s’étreignent à ciel ouvert, elles sont surprises dans un enlacement compromettant par le père de l’adolescente qui dès lors, va avoir le champ libre pour accuser la logeuse de sa fille de pratiques perverses.

Par ailleurs, la gamine qui se découvre mythomane, entre temps devenue jalouse de la visiteuse, ne va pas simplifier les choses quand sa bienfaitrice se verra accuser de pédophilie.

La naïveté dont le scénario affuble le personnage de l’officier intrigue très vite.

Pourquoi la jeune femme s’expose-t-elle à de nouvelles accusations en hébergeant une enfant chez elle ? Ses fonctions de fonctionnaire de police ne lui auraient-elles pas permis de trouver une autre solution moins risquée pour mettre l’adolescente à l’abri des violences de son père ?

Les opportunités scénaristiques qui suivront tiendront lieu de réponse : le bain pris en commun avec l’adolescente, les étreintes( innocentes), l’entrée en jeu de l’ancienne compagne de Young-Nan, le couple coupable surpris en pleine étreinte dans les phares de la voiture…

Curieusement ce parti-pris d’accumuler des situations qui conduisent le récit là où, très vite on a compris qu’elles l’amèneraient, n’affaiblit pas le film.

Et cela, même si avec les rebondissements de la fin, on est renvoyé à la case départ et si le problème posé reste entier.

"A girl at my door" est un titre bien choisi pour un film qui, à travers son déroulement simple et apparemment sans surprises, distille une sorte d’étrangeté et finit par apporter au récit une densité et un charme singuliers.

Francis Dubois

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