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Un film de Jérôme Bonnell (France)

"A trois, on y va" Sortie en salles le 25 mars 2015.

Charlotte et Micha qui vivent ensemble depuis quatre ans sont si convaincus de la longévité de leur histoire qu’ils viennent d’acheter une maison dans la région de Lille, pour y filer le parfait amour.

Or Charlotte entretient une relation amoureuse qui ne date pas d’hier avec Mélodie et Micha a, lui aussi une histoire qui pourrait bien être amoureuse avec…Mélodie.

Pour Mélodie, ce double amour passionné qui l’entraîne à être le complice du secret de chacun, c’est le vertige.

Mais ni l’enchaînement des mensonges inévitables, ni les portes derrière lesquelles s’échangent les baisers clandestins, ni les quiproquos ou péripéties, ni les fuites par les toits pour éviter d’être découverts, ne privent cette histoire d’amour en trio, de toute la délicatesse et toute la pureté du monde…

Cinéma : A trois, on y va

Jérôme Bonnell qui, sans faire de bruit, est en train de devenir un de nos plus talentueux cinéastes (depuis "Le chignon d’Olga " en 2002 jusqu’au très réussi " Temps de l’aventure " en 2013) réalise avec " A trois on y va" un très joli film d’amour et sur l’amour.

Partant de l’idée que deux personnes (Mélodie et Micha) en aiment tellement une troisième (Charlotte) qu’elles tombent amoureuses l’une de l’autre, téléguidées par leur inconscient, Jérôme Bonnell construit, sur le canevas de la comédie (et sans perdre de vue la légèreté d’un marivaudage), un film grave et mélancolique sur l’amour.

Filmer, tout en lui gardant son innocence, quelqu’un qu’une situation amoureuse singulière oblige à mentir sans cesse peut créer de la tension ou de la drôlerie.

Le cinéaste a choisi ici, de nous "servir" les deux dans un dosage subtil qu’il parvient à tenir de bout en bout de son récit.

Il s’agissait d’inclure dans une histoire nécessairement drôle, des moments de gravité et d’assumer en même temps, une sentimentalité sans alourdir le récit.

Il fallait aussi, en traitant un film sur le mensonge amoureux, ne porter aucun jugement moral sur l’histoire et accepter les personnages tels qu’ils se comportent.

"A trois, on y va " emprunte autant au vaudeville qu’à Marivaux, qu’à Eric Rohmer mais ne ressemble à rien d’autre qu’à lui-même

Au talent, à la délicatesse de Jérôme Bonnell s’ajoute un trio d’acteurs magnifiques, parfaits complices de la démarche (et de la réussite) du film.

Anaïs Demoustier est lumineuse pour incarner le vertige amoureux. Il y a chez cette jeune actrice, associée à l’extrême jeunesse du visage, une grande maturité de jeu. Elle interprète à merveille l’ambivalence de son personnage enfantin et paumé dans sa vie sentimentale mais pleine d’aplomb et de rigueur dans sa vie professionnelle.

Félix Moati est merveilleux de candeur mais le personnage le plus romantique de l’histoire et qui a l’air de sortir à peine de l’adolescence ne manque pas de solidité, de charisme.

Sophie Verbeeck, encore inconnue au cinéma, est une solide et fragile Charlotte et sa beauté presque classique contraste à merveille avec celui d’Anaïs Demoustier.

Il était important que les personnages soient jeunes, qu’ils soient à un point de bascule, au bord de s’engager dans une vie future plus mûre, plus dure et plus concrète.

"A trois, on y va" est une vraie petite merveille.

Francis Dubois

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