Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

Un film de Carlos Saboga (Portugal-France)

"A une heure incertaine" Sortie en salles le 10 février 2016.

En 1942, deux jeunes réfugiés français, Boris et Laura, tentent de trouver refuge dans la Portugal de Salazar.

Arrêtés par la police, ils sont sauvés par l’inspecteur Vargas qui, séduit par la jeune femme, les héberge clandestinement chez lui, dans l’immense hôtel déserté où il vit avec sa fille Ilda et sa femme gravement diminuée par la maladie.

Ilda qui entretient avec son père des rapports d’une grande tendresse ne va pas tarder à découvrir la

présence des clandestins, flairer l’idylle entre son père et Laura et sombrer dans les affres d’une jalousie destructrice.

Dès lors, elle n’aura comme seul objectif que de faire disparaître les deux réfugiés…

Cinéma : à une heure incertaine

Le film de Carlos Sabago se situe dans le cadre de la guerre de 1939-1945, dans le Portugal de Salazar tenu à l’écart du conflit mondial.

Bien que soumis à une dictature impitoyable, ce pays est devenu à l’époque paradoxalement un refuge et une terre de liberté pour des milliers d’individus fuyant les horreurs de la guerre, la déportation où l’exécution qui les menace.

"A une heure incertaine " établit une ligne parallèle entre le décor clos où se situe le récit et la situation du Portugal isolé à la fois du reste du monde et de l’histoire en marche.

Cet immense hôtel désaffecté où vivent l’essentiel des personnages donne sa tonalité au film. De longs couloirs sombres, des pièces plongées dans la pénombre, des lieux fantômes imposent une atmosphère oppressante.

Les personnages semblent évoluer à la faveur de désirs exacerbés par l’enfermement.

La photographie, les cadrages sont superbes jouant avec les clairs obscurs, les couleurs brunes et les intérieurs feutrés.

Mais si le film de Sabado est esthétiquement très soigné, précis jusque dans les flous, dans l’imprécision des contours, il ne désincarne pas pour autant les personnages qui restent totalement livrés aux sentiments qui les occupent : amour, haine, jalousie, désir aveugle de vengeance, goût de la cruauté….

Et si rien n’apparaît du conflit mondial qui fait rage, les comportements de chacun rejoignent d’une façon ou d’une autre et dans des attitudes contrastées, l’inquiétude, les tensions, le poids d’une guerre toute proche qui, à tout moment peut surgir.

Un film d’une grande beauté empreint d’une douceur équivoque qui traduit tous les dangers dont l’humain peut être la victime ou l’instigateur.

Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • « Les misérables »
    Stéphane, tout juste arrivé de Cherbourg, prend ses fonctions au sein de la brigade anti-criminalité de Montfermeil, dans le 93, un secteur réputé sensible de la banlieue parisienne. Il rencontre ses... Lire la suite (16 novembre)
  • « Zibilla ou la vie zébrée »
    Zibilla est une jeune zèbre qui a été adoptée par des parents chevaux. Dans l’école où elle va et où tous les élèves sont des enfants chevaux, ses rayures sont sujet à de constantes moqueries. Si bien... Lire la suite (12 novembre)
  • « J’aimerais qu’il reste quelque chose »
    « J’aimerais qu’il reste quelque chose », c’est la phrase que prononce une donatrice sans descendant qui vient déposer des documents personnels relatifs à la Shoah dont elle est en possession et qui n’a... Lire la suite (12 novembre)
  • « Le bel été »
    Amed, Mohamed et Wally, réfugiés de Guinée et du Mali ont été recueillis par Robert, Simon et Sophie dans leur maison du bord de la Manche, siège de l’association « des lits solidaires » Ils vont... Lire la suite (11 novembre)
  • « Rendre la justice »
    En France, l’appareil juridique apparaît le plus souvent comme une machine infernale, opaque, mystérieuse, impersonnelle à laquelle il vaut mieux ne pas avoir à faire, qu’il vaut mieux ne pas... Lire la suite (9 novembre)