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Un film de Diego Luna (Mexique)

"Abel" Sortie en salles le 12 janvier 2011

Abel est un petit garçon de neuf ans atteint de mutisme depuis que son père a quitté la maison branque ballante que la mère essaie de maintenir débout à tous points de vue. Selene, l’adolescente, a des exigences, la maladie d’Abel nécessite l’achat de médicaments onéreux et le petit dernier est très accaparant…
Face à ce qu’il observe et ressent comme une tendance à la dérive et à l’anarchie, Abel prend les choses en main et s’impose bientôt comme un chef de famille exigeant, recouvre la parole et s’abroge la mission de ramener chacun dans le droit chemin.
Chacun connaissant la fragilité psychologique du garçonnet, se soumet à sa loi. Qu’en sera-t-il lorsque le père, un beau jour, réapparaît ?
Diego Luna n’a pas choisi la facilité avec l’histoire de ce gosse qui, spontanément, prend la place de son père absent et fait preuve d’une autorité tyrannique. L’entreprise avait toutes les chances de sombrer dans l’invraisemblable, voire le ridicule.
Comment peut-on imaginer qu’un enfant haut comme trois pommes puisse rester crédible quand il impose les bonnes règles de tenue à table, surveille les allées et venues de chacun, les horaires et les amours débutantes de sa grande sœur.
Par quel miracle de mise en scène, de direction d’acteur ou d’organisation de son récit, Diego Luna y parvient-il si brillamment ?
Son film qui pourrait tout autant être une sorte de conte moderne qu’une étude psychologique pleine de finesse, sur les blessures difficiles à guérir, réussit à nous convaincre peut-être parce qu’il est les deux à la fois et que la magie du metteur en scène réside dans ce brassage narratif auquel s’ajoute les qualités de jeu du jeune comédien.
L’atmosphère dans laquelle baigne le récit, le décor qui lui sert de cadre y sont sans doute pour beaucoup aussi. La maison a le charme du confort que la famille a dû connaître lorsqu’elle était au complet mais depuis, ses abords immédiats ont été souillés par des objets à l’abandon et l’ensemble évoque la décadence due au manque d’argent, à cette existence au jour le joue où chacun se débat pour garder la tête hors de l’eau..
"Abel" est tout le contraire d’un film misérabiliste et chacun des personnage qui l’habite garde une dignité dans son combat, mais aussi dans ces moments du quotidien où la tendresse des uns pour les autres est palpable.
Francis Dubois

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