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Un film d’Arnold de Pascau (France)

"Ablations" Sortie en salles le 26 mars 2014.

Un homme se réveille au bord d’un fleuve, sans aucun souvenir de la veille, une large cicatrice dans le bas du dos.

Après auscultation, son ancienne compagne qui est chirurgienne, lui apprend qu’on lui a volé un rein.

Il décide de ne rien dire à sa femme, mais obnubilé par ce qui lui est mystérieusement arrivé, il décide de mener lui-même une enquête.

Pour faire aboutir ses recherches, il va sacrifier son travail, sa famille et peut-être sombrer dans la folie.

"Ablations" est-il un film de genre ou un drame ? C’est sans doute dans ce flou d’appartenance à une catégorie narrative précise que réside tout l’intérêt de ce film qui flirte avec le fantastique, l’onirisme et n’est pas loin, à certains moments de se permettre certains écarts du côté de la comédie.

Le genre du film varie avec les fluctuations du récit, les savoureuses invraisemblances dont il fait son miel.

Lorsqu’on vit avec Léa, la femme délaissée de Pastor, la douleur de ce qu’elle pense être une trahison, on est dans le drame conjugal auquel sont liés, sans le moindre recul, les jeunes enfants du couple.

Lorsqu’on suit Pastor dans son obstination aveugle à retrouver les coupables, on est à deux doigts du film policier. Mais quand on sait que c’est pour récupérer son rein, se le faire transplanter et qu’on le voit, pour faire aboutir son projet, solliciter la complicité d’un vétérinaire de Zoo, on n’est plus certain de rien.

Lorsque le couple diabolique constitué de Wortz et de sa collaboratrice, pratique l’extraction d’un rein en pleine nature sous une tente de camping, on est à la fois dans le film d’horreur médical mais tout près de la scène de comédie (surtout quand Yolande Moreau et Philippe Nahon qui les interprètent, jouent les Thénardier du trafic d’organes.)

Benoît Delepine qui a écrit le scénario (et qui est coproducteur du film) a confié la mise en scène à un jeune réalisateur de tout juste vingt-cinq ans, Arnold de Pascau et il a bien fait.

On reparlera certainement de ce jeune homme qui réalise avec beaucoup de sérieux, une grande rigueur, une belle puissance de l’image, un film peut-être déjanté, peut-être pas, qui en tout cas, saisit et embarque à chaque plan.

Il est servi par des comédiens remarquables avec, en premier lieu, Denis Menochet (une force de la nature de l’ampleur d’un Lino Ventura) qui explose littéralement dans le rôle de Pastor. Virginie Ledoyen est formidable et plus belle que jamais en femme délaissée.

De Florence Thomassin à Yolande Moreau en passant par Philippe Nahon et Philippe Rebbot, ils sont tous à citer.

Espérons que cette œuvre d’envergure, peut-être bien beaucoup plus insolente et farceuse qu’il n’y paraît au premier regard, trouvera un large public.

Ce serait justice.

Francis Dubois

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