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Un film de Marco Berger (Argentine)

"Absent" Sortie en salles le 27 juillet 2011

Martin signale une blessure qu’il s’est fait à l’œil au cours d’une séance d’entraînement à la piscine. Sébastian, son professeur le conduit à l’hôpital où l’accident, qui est jugé sans gravité, nécessite cependant une surveillance de quelques heures.
Pour ne pas laisser seul l’adolescent chez qui aucun adulte n’est présent, Sebastian l’amène chez lui pour la nuit.
Et si Martin, amoureux en secret de son professeur, avait tout inventé dans le but de passer une soirée d’intimité avec Sebastian ?
Lorsqu’il soupçonne les sentiments de Martin à son égard, celui-ci qui semble être définitivement installé dans l’hétérosexualité, se trouve dans un premier temps troublé avant d’être, à son tour, attiré par l’adolescent.
Le sujet n’est pas neuf. Le contexte érotico sportif non plus. L’adulte réservé de nature et solitaire face à un adolescent fougueux confrontés à l’homosexualité, pas plus.

© Bodega Films

Pourtant le film de Marco Berger passe entre les mailles du filet du récit convenu. Il traite avec la même délicatesse les élans d’attirance de Martin et les retenues de Sébastian, donnant ainsi à l’histoire un équilibre qui ne se dément jamais.
On en arrive à oublier le dialogue du film pour ne garder en mémoire que les silences, la qualité des regards dérobés. Des silences et des regards qui seraient la cendre sous laquelle la braise brûle de toute son incandescence.
La lente trajectoire de Sebastian depuis son intérêt strictement professionnel à l’égard de Martin jusqu’à l’attirance incontrôlable que l’on pressent à peine, devient tout à coup une réalité qui prend toute sa force, au même moment pour le personnage et pour le spectateur.
Il est probable que dans le mouvement qui les rapproche, l’adulte perde en maturité quand l’adolescent qui lui, n’écoute que ses pulsions gagne en assurance et sûreté de soi.
Le jeu des deux comédiens donne toute sa tenue au récit. A mesure que Sébastian devient l’objet de convoitise da Martin, son personnage, au départ presque anodin, gagne en charme et séduction sans que rien ni dans le comportement, ni dans la gestuelle n’ait changé. La transformation est toute intérieure liée à la fois au doute et au sentiment qui s’installe. Quant au jeune Javier di Pietro qui endosse le personnage de Martin, il exprime magnifiquement ce mélange de force et de vulnérabilité qui caractérise l’adolescence.
La pudeur et l’extrême discrétion qui accompagnent le récit n’empêchent pas le film d’être un thriller tout à fait passionnant.
Francis Dubois

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