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Un film de Catherine Breillat (France)

"Abus de faiblesse" Sortie en salles le 12 février 2014.

A la suite d’une hémorragie cérébrale Maud, une metteuse en scène de cinéma, se retrouve un matin à demi paralysée.

Alitée, se déplaçant très difficilement, elle est cependant déterminée à poursuivre un projet de film qu’elle avait avant son accident.

Au cours d’une nuit d’insomnie, elle repère, sur son écran de télévision, celui qui correspond parfaitement à son personnage masculin.

Ce garçon récemment sorti de prison, participe à un talk-show pour avoir arnaqué de nombreuses célébrités.

Maud rencontre Vilko à un moment où son handicap la plonge dans une profonde solitude. Or, celui qui se dit séduit par le projet de film, devient pour elle un compagnon attentionné, toujours présent et prêt à l’aider.

L’apparente sincérité de Vilko incite Maud à se montrer généreuse quand il lui demande, pour le tirer d’une mauvais pas, de lui signer un, puis plusieurs chèques, totalisant bientôt une très importante somme d’argent….

Même si Catherine Breillat prétend n’avoir pas engagé sa propre vie dans ce film, ou tout au moins pas plus qu’elle ne l’a fait pour d’autres de ses réalisations, et si pour elle, "Abus de faiblesse" est avant tout une fiction qui raconte l’histoire de Maud et de Vilko, on ne peut s’empêcher de renvoyer ce récit à l’abus de confiance dont elle a été réellement victime et que la presse a relayé à l’époque des faits.

"Abus de faiblesse" n’est surtout pas un règlement de compte. C’est au contraire un film doux, qui a la rugosité de la vraie tendresse, un récit sombre mais qui demeure, même jusqu’à la trahison, une belle histoire d’amitié réciproque.

Catherine Breillat accorde à Vilko des circonstances atténuantes et laisse Maud endosser sa propre part de responsabilités dans le cours sinueux du récit.

Ses réponses imprécises aux questions que lui posent les différents membres du conseil de famille dans la dernière séquence du film reflètent la complexité de cette relation qui, avant d’être douloureuse, aura été généreuse et chaleureuse.

Face à quelques proches qui constituent une sorte de tribunal, Maud dira, pour être au plus près de la vérité, avec un regard tout en tendresse et en questionnements, ce qui résume toute l’histoire : "Cette femme, c’était moi et ce n’était pas moi."

Si le film de Catherine Breillat est le récit magnifique d’une escroquerie presque consentie, il doit sa réussite à un scénario ciselé, structuré et vibrant mais également (et peut-être surtout) à l’interprétation (une fois de plus) magistrale d’Isabelle Huppert.

Cette comédienne qui tourne beaucoup, qui prend des risques avec de jeunes metteurs en scène, réussit une carrière somptueuse sans jamais s’égarer ni dans la facilité ni dans des œuvres trop exigeantes.

Kool Shen qui lui donne la réplique est tout à fait à la hauteur de sa partenaire.

Une réussite.

Francis Dubois

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