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Un film de Jesper Ganslandt (Suède)

"Adieu Falkenberg" Sortie en salles le 12 mai 2010

Falkenberg est la petite station balnéaire où Jesper Ganslandt a vécu pendant plus de vingt ans avant de gagner Stockholm où il a écrit ses premiers films, plusieurs courts-métrages et un documentaire. Il a réalisé en 2009, après "Adieu Falkenberg" qui date de 2003, un autre film "The Ape" vivement salué par la critique.
L’été, ils sont cinq amis d’enfance à se retrouver dans leur ville natale pour des vacances. David et Holger sont inséparables et s’isolent dans la forêt et au bord de l’océan, leur façon à eux de reculer le moment des vrais choix. Jesper revient chez lui après des absences dont personne ne s’est jamais rendu compte. Jorgen conduit son entreprise "petit déjeuner à domicile" en pillant les réserves alimentaires des maisons alentour et John qui est constamment de mauvais humeur prétend que le bonheur pourrait tenir à peu de choses…
Il existe en Suède une nouvelle génération de réalisateurs à la recherche d’horizons cinématographiques différents et qui, pour éviter de devoir faire des compromis, et ainsi jouir d’une totale liberté créative, vont jusqu’à fonder leur propre maison de production. Jesper Ganslandt est de ceux-là. Hors de toute linéarité narrative, il a réalisé sans beaucoup de moyens, avec "Adieu Falkenberg" une œuvre singulière autour des retrouvailles chaotiques de cinq amis d’enfance en état de questionnement et qui connaissent chacun des difficultés à franchir le pas qui les fera passer dans un monde adulte qui les inquiète.
Son récit fait l’économie de toutes les intrigues auxquelles aurait pu se prêter le sujet. Il préfère une narration en creux, privée de toute démarche racoleuse. Et en dépit de cet élagage qui le conduit à une observation feutrée des agissements des cinq personnages, il se dégage du film une autre forme de suspens, plus souterrain, plus inquiétant et qui va chercher du côté d’une autre forme d’émotions.
Le sujet que traite Jasper Falkenberg est universel et c’est peut-être parce que le passage de la fin de l’adolescence à la vie adulte a été souvent abordé au cinéma, qu’il a choisi pour traiter cette chronique nostalgique, une forme narrative qui renouvelle le sujet, qui donne une autre mesure à ce qui pourrait être une dernière parenthèse, un dernier épisode de tâtonnements où tout semble encore possible.
Au lieu de choisir des acteurs pour interpréter les personnages, il a préféré faire appel aux vrais protagonistes et chacun dans le film joue son propre rôle. L’aspect documentaire qui découle de ce choix est immédiatement lisible même si s’y ajoute des éléments de fiction qui complètent les portraits ou au contraire, brouillent les contours."Adieu Falkenberg" est un hymne à l’amitié, un hommage rendu à une réalité qui vit ses derniers instants et pour le réalisateur l’occasion de montrer les personnages non pas comme ils sont, mais comme lui, les perçoit.
"Adieu Falkenberg" est un film d’atmosphère où évoluent des personnages en fin de parcours, des sortes de fantômes du monde de l’enfance englués dans des hésitations, face à un monde dont ils pressentent qu’il ne correspondra jamais à ce qu’en attendent leurs incertaines perspectives.
Francis Dubois

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