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Un film de Nassim Amaouche (France)

"Adieu Gary" sortie en salles le 22 juillet

Une cité ouvrière désertée depuis la fermeture de l’usine, où vivent encore quelques irréductibles. Francis, l’ancien ouvrier consciencieux qui refuse de voir se rouiller la machine dont il avait la responsabilité autrefois, ses deux fils, l’un manutentionnaire à la Supérette de la ville et l’autre de retour après une longue absence, Maria la voisine encore séduisante et son fils José qui passe son temps à attendre un père qu’il n’a jamais connu à qui il a attribué la silhouette et le visage de Gary Cooper. Il y a aussi Nejma, à l’étroit dans ce périmètre étriqué et son père, ancien ouvrier de l’usine…
SNES_AdieuGary Le sujet est une chose. Des personnages l’habitent que des comédiens servent avec grand talent. Jean-Pierre Bacri –très impliqué dans l’élaboration du projet- a pour l’occasion laissé de côté le trop plein de son personnage de bougon systématique. Dominique Reymond que l’on ne cesse de re-découvrir depuis sa magnifique prestation dans "Y aura-t-il de la neige à Noël", Yasmine Belmadi ou Sabrina Ouazani, déjà si convaincante en adolescente révoltée dans "L’esquive"…
Mais il y a et surtout, le décor. Le réalisateur et son équipe l’ont trouvé en Ardèche, au Teil dans la cité ouvrière construite en début du siècle par le groupe Lafarge, un lieu qui fait corps avec le récit et lui donne, avec l’espace, avec les signes d’un passé proche et déjà si lointain, une sorte de force souterraine inouïe. Les hautes maisons de pierre, la rue principale bordée de platanes, un soleil écrasant servent d’espace de vie à une poignées d’êtres oubliés et qui trouvent encore leur compte dans les relations qu’ils ont su maintenir entre eux, avec un repas pris en commun, un signe par la fenêtre, le pastis au bistro et la vieille maison du peuple transformée en mosquée pour la prière du vendredi.
Un univers dérisoire pris entre isolement, élans charnels et chaleur humaine où, si l’horizon est limité tout semble du domaine du possible, même un soir d’orage l’apparition sur son cheval d’un cow-boy avec son étoile de shérif.
"Adieu Gary" est un film d’une grande nouveauté d’inspiration dans le paysage du cinéma français en ce début de siècle, une œuvre forte et singulière très éloignée du nombrilisme où semblaient s’être immobilisées la plupart des productions françaises. Réalisme et poésie s’y côtoient et la générosité des êtres rendue à l’état brut y est d’une intense sincérité.
Francis Dubois

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