Actualité théâtrale

Théâtre du Rond-Point jusqu’au 6 janvier 2018 à 20h30

« Adishatz /Adieu » Un spectacle de et avec Jonathan Capdevielle.

Jonathan Capdevielle apparaît seul sur scène et entonne à capella avec son timbre de haute-contre les tubes de Madonna ou, avec l’accent de Tarbes, des chansons de Francis Cabrel, des chants traditionnels du Sut-Ouest et en totale rupture, un chant populaire potache. Puis on passe de ce récital tendance juke-box à une conversation téléphonique dans la pénombre d’une loge de cabaret où l’artiste s ’apprête à se produire, à une conversation cocasse tant elle est « nature » entre l’artiste et son vieux père, un montagnard resté au pays.

Figure énigmatique d’adolescent androgyne, Jonathan Capdevielle apparaît plus tard transformé en une superbe blonde peroxydée.

Il devient tout à coup, la Reine des boites de nuit de province...

Théâtre : Capdevielle

« Adishatz/ Adieu » est un spectacle court. Il fut crée en 2010 et depuis, il n’a cessé de tourner pour déboucher à chaque fois, sur la reconnaissance des « tourneurs » et du public

Le spectacle a été au tout départ, un tour de chant à capella donné à Berlin, de manière spontanée, principalement constitué d’un enchaînement d’airs de Madonna et de quelques autres hits de discothèque.

Le spectacle est devenu, entre chansons et imitations, une autofiction, un documentaire qui suit le personnage entre vie réelle et vie fantasmée.

Ce spectacle repose sur des chansons anodines, sur une chanson de potache scatologique audacieuse, une imitation caricaturale de l’accent du Sud-Ouest et des chansons de Cabrel auxquelles fait suite en décalage total une conversation intime, cliché, pathétique, riche de ses non-dits pudiques entre un fils et son père à des lieues l’un de l’autre, avant d’imposer l’apparition subite d’une artiste blonde et scintillante.

Comment expliquer que ce spectacle disparate, qui fait d’un moment à l’autre le grand écart, à la fois bon enfant et solidement maîtrisé puisse à ce point convoquer l’attention de toute une salle qui, au moment des applaudissements, ne compte pas sa peine ?

A cette question, on peut répondre : réel talent, intelligence, complicité immédiate avec le public, audace, culot.

On peut dire pour résumer que ce spectacle a « la grâce ».On peut ne se poser aucune question et se laisser simplement aller à son plaisir.

Francis Dubois

Théâtre du Rond Point 2 bis avenue Franklin Roosevelt 75 008 Paris.

Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) :01 44 95 98 21 / www.theatredurondpoint.fr

Autres articles de la rubrique Actualité théâtrale

  • « Un conte de Noël »
    La metteuse en scène Julie Deliquet a fait des études de cinéma et s’est toujours intéressée au rapport entre théâtre et cinéma, comme elle l’avait si bien montré avec Fanny et Alexandre créé l’an passé... Lire la suite (17 janvier)
  • « La lune en plein jour »
    La comédienne, autrice et metteuse en scène Marisa Tomé se penche sur son histoire, une histoire marquée par l’exil, celui de son arrière grand-mère juive polonaise ayant fui la Pologne pour un pays... Lire la suite (16 janvier)
  • « Rosa Luxemburg Kabarett »
    Pourquoi faire un portrait de la révolutionnaire mythique sauvagement assassinée en janvier 1919 par ces Corps Francs qui annonçaient les S.A et le nazisme à venir ? Parce que ses discours et ses... Lire la suite (14 janvier)
  • « Du ciel tombaient des animaux »
    Quatre dames d’un certain âge sont assises prenant le thé dans un jardin. Aux trois amies s’est jointe une femme, Mrs Jarrett, qui passait dans la rue et qu’elles ont invitée à les rejoindre. Elles... Lire la suite (13 janvier)
  • « Ploutos »
    L’inégalité des richesses, un thème d’actualité avec les Gilets Jaunes que faisait pourtant déjà vivre Aristophane dans sa dernière comédie en 388 avant Jésus-Christ. Un honnête paysan athénien, Chrémyle,... Lire la suite (12 janvier)