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un film de Claus Drexel

"Affaire de famille" sortie en salles le 4 juin 2008

Jean Guignebont a raté de peu, autrefois, une carrière de footballeur en première division. Laure Guignebont tient dans un quartier de Grenoble, une boutique de souvenirs démodée dont elle a hérité de ses parents. Marine, leur fille, est étudiante. Vingt deux années de vie commune et une harmonie familiale sans faille semble tenir le trio à l’abri de tout danger. Jusqu’au jour où deux événements surviennent : un hold-up rafle la recette d’un match de foot et la cabane au fond de leur jardin brûle. On pourrait penser qu’une fusée éclairante a provoqué l’incendie. Mais Jean se met à s’enfermer dans sa chambre à double tour, Laure découvre un chargeur de revolver dans le sac poubelle de la cuisine et, dans un placard, un sac de sport rempli de billets de banque… Le jeune inspecteur de police qui se présente chez les Guignebont pour complément d’enquête n’est-il pas un peu trop arrangeant…
Affaire de famille "Affaire de famille" est une comédie (presque) réussie soutenue par un scénario alerte et construit (trop ?) et des comédiens parfaits avec une mention spéciale à Miou-Miou qui compose une savoureuse mère de famille ordinaire, naïve et imprévisible. Il est probable que ce soit la construction du film en trois parties représentant le point de vue de chacun des trois protagonistes qui ralentit un rythme qu’il faudrait plus débridé. La répétition de certaines scènes sous des éclairages différents donne parfois une impression de sur-place. Le meilleur du film est quand les articulations du scénario dérivent, avec une réjouissante liberté, du côté de l’inconcevable. Du coup, l’histoire déborde les limites du crédible et passe du côté de la narration déjantée. Les rebondissements et quiproquos se succèdent dans une sorte de désordre réjouissant et les membres de la famille qui jouaient cavalier seul autour du magot, se trouvent à nouveau rassemblés. Mais au lieu des valeurs conventionnelles qui la soudaient au départ, c’est autour d’autres valeurs, plus discutables, qu’elle se retrouve finalement ressoudée.
Reste à savoir si le public saura se laisser tenter par cette comédie savoureuse, ce premier film dont le seul atout saillant est au générique, la présence des noms de Miou-Miou et d’André Dussolier. Il le faudrait pourtant. Ce serait rendre justice au talent.
Francis Dubois

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