Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

Un film de Stéphanie Girerd (France)

"Africaine" Sortie en salles le 11 février 2015.

Les parents de Géraldine se sont récemment installés au Sénégal où ils ont créé une association humanitaire pharmaceutique.

Quand la jeune fille les y rejoint, elle ignore qu’Alice sa sœur aînée qu’elle n’a pas revue depuis l’enfance, l’y a précédée.

Leurs retrouvailles sont très tendues car la présence d’Alice renvoie Géraldine aux rivalités qui les opposaient et surtout aux actions tyranniques dont elle a été longtemps la victime terrorisée et silencieuse.

Sur place, Géraldine découvre l’âme africaine, la magie, les croyances, les coutumes. Elle fait appel à une sorte de marabout pour renverser sa situation de cadette et prendre enfin l’ascendant sur son aînée.

Cinéma : africaine

L’idée de la découverte des rites africains par une jeune européenne aurait pu donner lieu à un film plus sombre, dense et mystérieux que celui qu’a réalisé Stéphanie Girerd.

En faisant reposer toute l’intrigue sur le simple antagonisme qui oppose deux gamines, sur la cruauté de l’aînée, elle l’installe sur une base qui paraît d’autant plus insuffisante qu’au moment des retrouvailles des sœurs, on ne sent, au cours des scènes où elles sont confrontées, aucune tension qui soit de taille à solliciter l’intervention des pouvoirs de la magie, un domaine dont Géraldine ne mesure pas les conséquences possibles.

On a du mal en voyant Alice, à imaginer "le monstre" qu’elle a pu être et dès lors l’intérêt du spectateur, faute d’être nourri d’assez de haine entre les protagonistes, s’oriente vers l’Afrique, les paysages et les personnages sénégalais.

Ici, Stéphanie Girerd qui doit avoir beaucoup d’admiration pour le pays, excelle. Et c’est quand elles sont confrontées à l’univers des rites et de la magie que les personnages se révèlent, qu’ils révèlent ce que les deux sœurs auraient pu être si un autre motif qu’un simple conflit juvénile les avait opposées.

Du coup, les deux comédiennes, alors qu’elles ont l’une et l’autre, une belle personnalité, se perdent dans un jeu attendu, sans doute pour tenter de nourrir la haine qui est censée les habiter.

On retiendra du film de belles images. Celles de Géraldine (Nina Meurisse, sa démarche volontaire) égarée dans la savane, celle des arbres majestueux, des baobabs centenaires.

Quand donc, Anna Mihalcéa, ce visage nouveau, une silhouette qui va avec son œil pétillant, trouvera-t-elle un rôle à sa mesure ?

Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • « Un peuple et son roi »
    En 1789, le peuple de Paris misérable et affamé, entre en révolution. « Un peuple et son roi » croise les destins de femmes et d’hommes du peuple et des figures historiques qui ont accompagné cet... Lire la suite (21 septembre)
  • « Sami, une jeunesse en Laponie »
    Une vieille dame suédoise se rend avec son fils en Laponie, terre de ses origines, au nord de la Suède, pour assister au obsèques de sa sœur. Elle y retrouve une famille et une communauté qu’elle a... Lire la suite (16 septembre)
  • « Avant l’aurore »
    Miranda, un travesti prostitué français, vit au jour le jour dans un faubourg de Phnom Penh une existence d’excès et d’espoir dans ce pays profondément marqué par le passé Khmer Rouge. Sa rencontre,... Lire la suite (15 septembre)
  • « Les frères Sisters »
    Les frères Charlie et Elie Sisters appartiennent à un monde hostile et sauvage où l’on éprouve aucun état d’âme à tuer sur commande. Ils ont sur les mains autant de sang d’innocents que de celui de... Lire la suite (15 septembre)
  • « Mademoiselle de Joncquières »
    Madame de la Pommeraye, jeune veuve retirée du monde, vit une histoire d’amour sans nuages avec le Marquis des Arcis connu pour avoir, par le passé, multiplié les aventures éphémères. Mais après... Lire la suite (10 septembre)