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Un film de Malgoska Szumowska (Pologne)

"Aime et fais ce que tu veux" Sortie en salles le 1er janvier 2014.

Adam, un prêtre trentenaire, est nommé dans une paroisse rurale comme éducateur auprès d’adolescents et de jeunes adultes en difficulté.

Il assure ses fonctions avec mesure et fermeté et ses méthodes suscitent l’admiration de tous.

Jusqu’à l’arrivée d’un nouveau pensionnaire pour lequel il éprouve soudain une forte attirance.

Un sentiment trouble qui, à mesure qu’il se précise, lui pose un grave cas de conscience.

Habité par une foi véritable, mais atteint par la culpabilité, il lutte contre cette attirance qui, bientôt, le submerge.

Traité avec beaucoup de délicatesse et de pudeur, le récit que propose Malgoska Szumowska évite tous les clichés et les scènes attendues.

L’attirance du prêtre pour le jeune homme, payée de retour, n’est pas seulement d’ordre sexuel. Il ne s’agit pas de pédophilie mais d’homosexualité et les sentiments partagés deviennent un amour ardent, tout en silences et tendresse contenue.


Adam est un prêtre et un éducateur irréprochable et malgré la mutation vers une autre paroisse qui le menace, il demeurera un homme intègre, fidèle à sa passion comme il l’est à sa foi en Dieu.

Malgoska Szumowska filme l’attirance dans le silence des regards sans jamais avoir recours à la moindre scène insistante. Elle a fait le choix de l’exprimer dans des situations à la périphérie des élans passionnés mais retenus.

Et quand elle a besoin de faire passer la force du désir, elle amène les deux protagonistes dans le champ de maïs où Lucasz s’est caché.

Les appels d’Adam qui le recherche ne trouvant aucun écho, il les transforme en cri d’animal à la saison des amours.

A ces cris, Lucasz finit par répondre par d’autres cris et cette scène qui aurait pu être grotesque, est au contraire d’une grande émotion.

Parlant de "Aime et fais ce que tu veux" (le titre est extrait d’une phrase de St Augustin) on peut parler de récit en creux où la vraie passion se lit dans les intervalles.

Andrzej Chyra (Adam) et Mateusz Kosciukiewicz (Lucasz) sont magnifiques dans l’expression silencieuse des sentiments contenus.

Francis Dubois

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