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Un film de Kore-Eda Hirokazu (Japon)

"Air Doll" Sortie en salles le 16 juin 2010

Un célibataire modeste, la quarantaine, file le parfait amour avec la poupée gonflable qui partage sa vie. A table, elle est assise en face de lui. Il lui fait la conversation, lui raconte sa journée et le soir, il lui fait l’amour avec passion avant de s’endormir près d’elle. Le rituel qu’il a mis en place autour de cette relation compense la passivité de la partenaire.
Mais un jour, sans doute lassée de cette existence morne, la poupée s’éveille, se meut et petit à petit se met à développer des sentiments humains.
Elle découvre le monde et en même temps, pour gagner son autonomie, trouve un emploi dans un vidéoclub. Elle découvre alors l’amour en la personne de Junichi, son jeune collègue.
Le scénario du film de Kore-Eda Hirokazu a été tiré d’un manga paru en février 2000 "The pneumatic figureof a girl" dans laquelle une poupée, remplie d’air par l’homme qu’elle aime, sillonne la ville et s’interroge sur ses conditions particulières d’existence.
Le film reprend le sujet et raconte d’une part la découverte du monde par un individu jusque là resté vierge de toute connaissance et de tout sentiment et d’autre part les interrogations que suscite le fait d’être passé de l’état d’un objet de caoutchouc à celui d’un être vivant.
Avoir une âme représente-t-il un avantage ? Comment l’homme doit-il faire face à sa propre vacuité ? Qu’est-ce qu’un être humain ? C’est peut-être ce questionnement répété tout au long du film qui réduit l’ardeur du récit et nuit parfois à l’originalité du sujet.
"Air Doll", à travers quelques scènes fulgurantes rejoint son propos initial. Le moment où, blessée après une chute, la poupée se vide de son air est pathétique et émouvant, celui où Junichi, le jeune homme, lui rend vie en la remplissant de sa respiration est d’un érotisme subtile et bouleversant ou encore l’obstination dont fait preuve le personnage à tenter de faire disparaître les coutures qui parcourent son corps pour rejoindre définitivement le monde des humains.
L’autre intérêt du film est la façon dont est filmée Tokyo et plus précisément le quartier historique de la ville où se situe le récit, le seul qui ait échappé aux bombardements et qui, existant dans un environnement architectural résolument moderne, est voué à la destruction prochaine…
"Air Doll" est un film original et captivant. quand il reste, comme c’est le cas dans de nombreuses séquences, dans les limites de son sujet. La découverte de la ville par la poupée prenant vie est une séquence utile mais trop longue et qui, étirée, finit par trahir, à force de démonstration, les intentions de Kore-Eda Hirokazu.
Francis Dubois

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