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Un film de Michael Mayer (Israël)

« Alata » Sortie en salles le 27 mars 2013

Nimer est un étudiant palestinien. Il vit clandestinement à Tel-Aviv et rêve d’une vie meilleure dans un autre pays.

Une nuit, il rencontre Roy, jeune avocat israélien promis à une belle carrière.

Ils tombent amoureux l’un de l’autre mais au fur et à mesure de leur relation, Nimer prend la mesure des difficultés supplémentaires auxquelles il est confronté. La communauté palestinienne rejette son identité et la société israélienne ne reconnaît pas sa nationalité.

Sur fond de conflit familial, d’engagement politique et de lutte sociale, Nimer est mis au pied du mur. L’étau se resserre et il sait qu’il devra bientôt choisir entre son désir d’ailleurs et son amour pour Roy.

Pour conduire son récit, Michael Mayer a évité l’option politique frontale. Il ne revendique, ne conteste ni ne dénonce, et s’en tient au plus proche du drame humaniste, de l’histoire d’amour et de famille, même si le contexte socio-politique reste présent et très fort.

En hébreu, Alata signifie obscurité, non pas au sens de l’obscurité nocturne mais d’une obscurité plus intérieure, oppressante et ténébreuse.

De celle qui, faite d’ombres et de secrets, pèse sur les personnages et leur interdit de jouir pleinement de l’intensité et de toute la lumière de leur amour.

Michael Mayer, grâce à une mise en scène fluide, l’utilisation de lumières naturelles, une photographie très proche des acteurs, exacerbe le sentiment de claustration et fait le choix d’une géographie la plus vague possible.

Il resserre le récit autour de la relation de Nimer avec Roy et sa famille et l’offre brut au spectateur de sorte que celui-ci puisse se positionner comme témoin avec la possibilité d’étudier ou même de juger les personnages.

Le fait que les deux protagonistes appartiennent aux deux communautés en conflit et qu’il s’agisse d’une relation passionnelle entre deux individus de même sexe laisse progressivement place à une histoire d’amour universelle prise entre la force des sentiments et la fragilité à laquelle l’expose un contexte politique et social non favorable et les exigences familiales.

La démarche du film de Michael Mayer est également politique dans la mesure où, avec son coproducteur, ils ont tenu à ce que le casting et l’équipe technique rassemblent des israéliens et des palestiniens, ce qui reste exceptionnel pour une production israélienne.

Il émane d’ « Alata  », au premier plan du récit une douceur et un charme immédiats.

Ce n’est qu’après la projection, bien après qu’il ait séduit et ému, que le film interpelle les consciences et révèle la multitude de ses objectifs.

Francis Dubois

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