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Un film d’Elie Wajeman (France)

"Alyah" Sortie en salles le 19 septembre 2012

Alex n’a toujours pas, à vingt-six ans, trouvé son "port d’ancrage". En attendant, il vit en revendant du shit avec un certain succès. Son frère aîné, Isaac, qu’il a jusque-là toujours admiré, lui soutire à chaque fois toutes ses économies, depuis qu’il est rentré dans un cycle de galères, en faisant vibrer les cordes sensibles de la fraternité.

La fille qu’il aime, très critique face à ses activités illicites, a pris de la distance, même si elle lui conserve son amitié.

Depuis, Le jeune homme va mal et quand son cousin lui annonce qu’il compte aller ouvrir un restaurant à Tel-Aviv, il n’a plus de cesse que de se joindre au projet.

Dès lors, Alex n’a plus pour objectif que d’économiser pour payer sa quote-part.

Même si, quitter Paris sera pour lui un difficile déracinement.

Et d’autant plus qu’au cours d’une soirée, il a récemment rencontré Jeanne dont il est certainement tombé amoureux.

Le film d’Elie Wajeman n’a d’autres prétentions que de raconter une histoire dans laquelle il s’attache au désarroi d’individus qui, bien qu’ayant largement atteint l’âge adulte, n’ont su trouver de stabilité dans aucun domaine.

Alex est un personnage dans l’air du temps qui, dans l’attente de trouver l’équilibre auquel il aspire, vit provisoirement d’un trafic de shit qui ne lui pose aucun problème moral et lui procure un confort financier.

Pourtant, son acharnement à se joindre au projet de restaurant en Israël, montre à quel point la situation dans laquelle il se trouve ne lui convient pas.

Et même s’il connaît le prix à payer pour rompre avec cette dépendance, il reste sur la ligne qu’il s’est fixée et c’est peut-être la première fois dans sa vie qu’Alex est capable de prendre une décision et de tenir le cap.

Isaac, le frère aîné qui navigue entre deux eaux, oscille lui aussi sans cesse entre le désir de stabilité et les dérives, est représentatif de notre époque et de ces adolescents prolongés qui ne mûriront peut-être jamais.

Pour lui, la vie est largement entamée puisqu’il a une compagne stable et un garçon qui fait sa fierté.

Le film d’Elie Wajeman n’a pas l’ambition de répondre aux questions que posent ces personnages optimistes contre vents et marées, peu embarrassés de moralité, heureux par intermittence et se laissant croire que les entorses à la règle qu’ils commettent ne sont qu’accidents de parcours reconduits.

Ici, les personnages féminins ont la part belle. Ce sont des êtres plus avertis, plus stables, plus clairvoyants. Et Jeanne, solidement interprétée par Adèle Haenel déjà remarquée dans " L’Apollonide" et " La naissance des pieuvres " donne beaucoup de force et d’énergie à son personnage d’amoureuse sacrifiée.

On pourrait dire de " Alyah" que c’est un film à l’ancienne qui ne va pas au-delà des situations annoncées, qu’il n’a guère de profondeur et se maintient, sans être déplaisant à regarder, au stade de l’anecdote.

Francis Dubois

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