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Un film de Pipo Delbono (Italie-Suisse)

"Amore carne" Sortie en salles le 26 juin 2013

Au hasard de ses voyages, la caméra téléphone-portable de Pipo Delbono saisit des moments uniques touchant parfois à l’intime, parfois captant des événements tragiques comme le tremblement de terre de L’Aquila. Mêlant des rencontres avec sa mère, ses amis, des inconnus, il nous propose avec "Amore carne" un immense poème sur la mort, la vie, l’amitié, sur la nature dont on oublie trop souvent de regarder la beauté, sur le proche et lointain, sur la maladie qui se love hypocritement en nous…

En France, on connaît plus le théâtre de Pipo Delbono que son cinéma qui regroupe quelques œuvres singulières touchant tant à la fiction qu’au documentaire, qu’au court ou au long métrage.

Cet homme-orchestre qui est à la fois auteur de spectacles, metteur en scène, acteur et danseur, qui souvent va chercher ses comédiens parmi des hommes et des femmes que notre société artistique garde à la marge, ne néglige aucune de ses casquettes dans l’œuvre-puzzle qu’est " Amore Carne" . Il y fait apparaître sa mère, femme aimante et autoritaire, des amis proches, comme Marisa Berenson qu’il associe à l’image à Bobo, qu’il a remarqué au cours d’un stage dans un asile psychiatrique de Naples et dont il a fait un des comédiens de sa troupe.

Irène Jacob comédienne et amie, Alexander Balanescu, violoniste roumain à qui il a confié une partie de la musique de "Amore carne" et qui composa des musiques de scène pour Pina Bausch, une chorégraphe proche de Pipo Delbono, Sophie Calle avec qui il a souvent partagé des expériences professionnelles, Marie-Agnès Gillot, danseuse étoile de l’Opéra de Paris et qui a participé au dernier spectacle mis en scène par Pipo Delbono " Dopo la battaglia" sont de la partie.

Après une séquence magnifique où il saisit une colonie d’oiseaux de mer volant au ras des flots, il fait un rapprochement entre des fleurs disposées au sol pour Pina Bausch et les motifs de la toile cirée fleurie de la table de la cuisine de sa mère.

Il ne faut pas chercher dans " Amore Carne" une narration ou un fil conducteur à une quelconque quête intérieure. Il faut y voir la sensibilité d’un artiste à fleur de peau et ce qui, de façon secrète, souterraine, unit des choses dont souvent dans la vie, nous n’avons pas conscience.

Il suffit ici de se laisser porter par ce qui résulte du regard tour à tour ironique, tendre ou incisif que Pipo Delbono (Comme peut-être bien chacun de nous) porte sur le déroulement ordinaire des choses.

Francis Dubois

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