Physique-Chimie au lycée : dans la perspective de la réforme

Physique-Chimie

Analyse de la note du CSP sur les programmes

Le Conseil Supérieur des Programmes a publié une note
concernant le bilan des programmes et des épreuves du bac.

Cette note donne aussi des pistes de propositions.

Le CSP mentionne à plusieurs reprises que l’enseignement assuré au lycée a pour but une préparation renforcée des élèves aux attentes fondamentales de l’enseignement supérieur.

Analyse du groupe physique-chimie du SNES-FSU :

L’analyse qui est faite par le CSP pour la physique-chimie rejoint sur les points qui suivent ce que pensent une majorité d’enseignants.
-  « L’approche thématique des programmes a rendu difficile son appropriation. »
-  « la contextualisation a souvent empiété sur la construction des savoirs proprement scientifiques".
-  "un manque de connaissance en mathématiques de la part des élèves a limité l’acquisition d’un véritable raisonnement scientifique.  »
-  « la nécessité de l’évaluation des compétences expérimentales mais en mettant l’accent sur l’évaluation des compétences.  »

Dans ces conditions nous ne pouvons qu’être d’accord avec la phrase qui suit :
« Il convient de « remathématiser » la discipline (en redonnant toute leur place à la modélisation et à la formulation mathématique des lois physiques) et, plus globalement, de mieux coordonner les différents enseignements scientifiques. « 

Cependant la phrase « Enfin, la pratique expérimentale, désormais installée, demeure encore bien souvent juxtaposée au cours, sans être pleinement intégrée dans la construction des notions et concepts » a retenu toute notre attention notamment la partie soulignée.

On discerne l’objectif de cette phrase à la dernière ligne du paragraphe :
« La pratique de l’expérimentation, ce contact avec le réel qui suppose approximation et construction d’un modèle, doit être pensée de manière plus progressive  : un savoir faire construit avant d’envisager, en première et en terminale, la conception d’un protocole  »

Remarque :
 Doit-on comprendre par là que la pratique expérimentale en seconde est vouée à disparaître ?
 Ce serait dramatique pour les élèves dont le niveau est « moyen » que nous arrivons à motiver grâce aux activités expérimentales.

Dans les séries STL, STI2D, ST2S, le CSP préconise seulement un réajustement des programmes.

La classe de seconde
Pour le CSP, il n’est pas dommageable que les enseignements d’exploration disparaissent de l’offre proposée en classe de seconde, puisqu’une large palette d’enseignements technologiques sera proposée aux élèves.
Dans ces conditions, selon le CSP, les élèves pourront donc mieux appréhender leur orientation en cycle terminal.

Remarques :
Les enseignements facultatifs n’étant pas « financés », autrement que sur la marge d’autonomie, seront-ils proposés à tous les élèves ou seulement à une minorité ?
Dans ce dernier cas comment les élèves pourront-ils envisager leur orientation en toute sérénité ?

Le nouvel enseignement de tronc commun : enseignement scientifique
Beaucoup de vœux « pieux ». Il sera peut-être plus compliqué de les mettre en pratique.
Selon le CSP il faut des thèmes, de la rigueur, des pratiques variées…
Les phrases "que l’on construise un enseignement à l’image de la profonde interpénétration qui attache aujourd’hui toutes les sciences les unes aux autres. Toutes les disciplines scientifiques seront en effet engagées dans l’enseignement scientifique qui , pour cette raison, ne saurait être confié à une seule discipline." inquiètent car sa structure rappelle les 4 heures de sciences et technologie de Sixième, qui sont globalisées livrant les collègues des trois disciplines à la concurrence pour obtenir des moyens horaires ou permettant l’EIST (enseignement intégré de sciences et technologie) mené par un seul enseignant donc ouvrant à la polyvalence des collègues.

Les enseignements de spécialité du cycle terminal
Ils permettront selon le CSP d’atteindre un approfondissement satisfaisant dans l’approche des savoirs et des méthodes en allant plus loin qu’aujourd’hui dans les différents concepts.

Le CSP borne de manière précise quels élèves pour quels enseignements de spécialité

« L’enseignement de mathématiques complémentaires devra s’adresser en priorité aux élèves qui auront choisi en classe de première les mathématiques parmi les trois enseignements de spécialité et qui auront décidé de l’abandonner en classe terminale pour se concentrer
sur les enseignements de spécialité de physique-chimie et de sciences de la vie et de la Terre,
sur les enseignements de spécialité de sciences économiques et sociales et d’histoire géographie, géopolitique, sciences politiques.
Cet enseignement visera la consolidation des connaissances mathématiques des élèves qui se destinent à des études supérieures de médecine, d’économie et de sciences sociales.
 »

Remarque :
 Qu’en sera-t-il des élèves qui voudront s’orienter vers une classe préparatoire BCPST ?
 Le niveau de compétences proposé en mathématiques complémentaires sera-t-il suffisant pour permettre un enseignement approfondi dans une spécialité sciences-physiques « remathématisée » ?

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