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Un film de Ruedi Gerber (USA)

"Anna Halprin, Le souffle de la danse" Sortie en salles le 12 décembre 2012

Depuis plus de soixante-dix ans, Anna Halprin interroge la danse.

A dix-huit ans, elle entre à l’université du Wisconsin dirigée par Margareth H’Doubler. Entre 1938 et 1941, elle étudie l’improvisation et pour mieux comprendre le fonctionnement du corps humain, assiste même à des dissections.

En 1942, elle danse à New-York et fait d’importantes et déterminantes rencontres avec John Cage, Merce Cunningham et d’autres artistes d’avant-garde.

Tout de suite après la guerre, elle s’éloigne des techniques de la modern dance et crée en 1955 un groupe de recherche, " Le Dancers Workshop".

Elle révolutionne les règles chorégraphiques en dansant en baskets ou en chaussures à talons, dans des lieux improbables, parkings, ou chantiers.

En 1967, son spectacle "Parades and changes" où elle se produit nue, fait scandale à New-York et la pièce tombe sous le coup d’une interdiction qui durera plus de vingt ans.

Après les émeutes raciales de Los Angeles en 1965, elle fonde une compagnie multiculturelle où des noirs et des blancs dansent ensemble.

Atteinte d’un cancer depuis 1972 et persuadée qu’elle a suivi le chemin de la guérison grâce à la danse, elle décide dans les années 80, de travailler avec des personnes atteintes du sida pour les aider à reconquérir leurs corps qui les abandonnent.

Anne devient alors une pionnière au sein du mouvement d’art-thérapie.

Anna poursuit aujourd’hui son travail en explorant la beauté des corps âgés en mouvement.

En 2005, elle crée une performance filmée " Seniors Rocking" où les participants ont entre 65 et 100 ans. Et à 92 ans, elle s’inspire des statues de Rodin pour mettre en scène sa nouvelle création "Awaken Rodin".

"Anna Halprin, le souffle de la danse" est un film sur une légende vivante, l’une des chorégraphes et danseuses américaines qui ont le plus apporté à cet art, ces soixante-dix dernières années.

Le projet de Ruedi Gerber qui suit la carrière de cet artiste depuis le début des années 80, était moins de faire un film sur la danse qu’un film sur l’essence de la vie, les ressources intimes infinies qui sont en chacun de nous et qui peuvent aider à vivre et à vieillir.

Car celle qui a tant apporté à l’art chorégraphique est assez peu reconnue, en dehors des adeptes de la danse contemporaine et du domaine de l’art-thérapie.

A plus de 90 ans, elle apparaît dans le film, malgré la maladie qui l’a menacée, d’une étonnante vitalité et si le film ne s’attarde pas plus sur ses influences artistiques que sur ses performances solo d’aujourd’hui, il montre comment sa vie et son travail illustrent ce que la danse veut dire. Ce qu’elle peut apporter à ceux qui ont le goût, la chance, ou fait le choix de la pratiquer avec conviction.

Francis Dubois

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