Autour du Jazz

Jazz

Anniversaires : des centenaires !

1917 est une grande année ! Une année d’architecture de ce 20e siècle balbutiant et baignant dans le sang de ces jeunes gens sacrifiés à une cause sordide, le partage du monde. Ils croyaient se battre pour la liberté, l’égalité et la fraternité. En 1917, leur « rage ne cessait de redoubler de férocité » pour citer Kateb Yacine qui parlait d’autres jeunes gens, plus tard mais la barbarie est la même. Ils allaient déserter, fraterniser et seront fusillés…

En avril de cette année, les États-Unis déclarent la guerre à l’Allemagne. Les 31 décembre 1917 et 1er janvier 1918 débarquent à Brest et Saint-Nazaire une curieuse troupe. Des musiciens de jazz – on dit encore « ragtime », temps en lambeaux - Noirs recrutés par James Europe, chef d’orchestre déjà réputé. Ce régiment d’infanterie sera surnommé par les Français « Harlem Hellfighters », les combattants de l’enfer. Pour Harlem c’est beaucoup dire. Ils viennent surtout de Newark… Une préfiguration de la « Negro Renaissance » qui partira de ce ghetto de New York… En 1919, le jazz est bien installé en France.

Cette année là, en février dit-on, en fait le 8 mars, les manifestations des femmes marquent le début de la révolution de février, la démission du tsar, le gouvernement provisoire et la révolution d’octobre…qui a lieu en novembre. Le monde bascule, l’espoir d’un autre monde sort de l’utopie…

En même temps, aux États-Unis, le 26 février est enregistré sur un 78 tours, le premier disque d’un orchestre qui utilise le mot « Jazz », l’Original Dixieland Jazz Band ». La vague submergera le monde. Dans les années 20, tout sera jazz… Les « Roaring Twenties », les années folles seront sauvages pour combattre la barbarie. L’âge du jazz dans le sens d’un état d’esprit plus que de la musique. Le charleston sera la danse débridée de ce temps.

Je raconterai cette histoire au festival de jazz de Crest (Drôme) du 1er au 5 août à la Médiathèque de la Drôme dans le cadre de « Crest Jazz Vocal »

Beaucoup de festival disparaisse faute de subventions. Les « grands » résistent, comme Vienne ou Marciac mais à quel prix ? Pour Marciac, il faut se lever vers 11 heures prendre son petit déjeuner sur la place de la Mairie et attendre les découvertes. Elles ne seront pas longues à arriver. Pour le chapiteau de plus en plus gigantesque, il faut choisir.

Il ne faut pas hésiter à fréquenter ceux qui existent encore, les petits et les moyens. C’est vital pour notre survie…

Nicolas Béniès

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