Actualité théâtrale

jusqu’au 11 février à l’Atalante, à Paris

Antigone, de Sophocle Mise en scène de René Loyon

Nul n’ignore l’histoire d’Antigone qui s’oppose à la décision politique du Roi de Thèbes pour obéir à un devoir sacré, donner une sépulture à son frère. Mais la pièce de Sophocle va bien au-delà de la justification de la résistance à un pouvoir injuste. Elle interroge aussi la relation entre les vivants et les morts et insiste sur la présence irréductible des morts dans notre vie. A travers le refus de se soumettre d’Antigone se joue l’opposition du féminin et du masculin, de la jeunesse et de l’âge mûr, de l’individu et du collectif, des hommes et des dieux.
La traduction de Florence Dupont donne à la pièce une actualité en même temps qu’une dimension hors du temps qui accentue l’émotion que ressent le spectateur. Pour renforcer cet aspect universel, René Loyon a choisi de faire jouer la pièce en costume moderne, en l’absence de tout décor, avec juste un éclairage crépusculaire. On n’oublie pas les références mythologiques, mais privé de tout pathos déclamatoire le texte renvoie aux questions essentielles. Créon, que joue René Loyon, n’est plus seulement un tyran, il acquiert une humanité profonde dans sa douleur. La douleur d’Antigone (lumineuse Marie Delmarès) éclate face au sort qui lui est promis, mais elle est portée par un devoir sacré. Les acteurs sont parfaits. Il faut courir voir cette pièce.
Micheline Rousselet

Théâtre de l’Atalante, 10 Place Charles Dullin, 75018 Paris
Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits mais sur réservation impérative) : 01 46 06 11 90
Lundi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi à 20h30, dimanche à 17h. Relâche le mardi
http://latalante.theatre.free.fr

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