Actualité théâtrale

Théâtre du Lucernaire

"Argent, dette et music-hall" Jusqu’au 3 mai

Un billet de 5 euros trouvé, voilà le point de départ du spectacle où l’on croise une petite troupe qui tire le diable par la queue et des thèmes a priori austères, l’argent, la monnaie, la dette, la question de la valeur. Mais il n’y a pas besoin de chausser ses lunettes et de froncer les sourcils pour entrer dans Argent, dette et music-hall, car c’est bien dans ce lieu que nous entraînent les trois chanteurs, comédiens, danseurs, sans oublier le pianiste (Daniel Glet) qui, à l’occasion, s’avère aussi être un comédien facétieux. Une distribution très européenne puisque outre Nigel Hollidge, le Britannique qui a conçu le spectacle, il y a un Italien, Antonio Interlandi et une Française Armel Petitpas. Ils chantent, dansent, font des claquettes, de la magie, l’un est aussi à l’occasion ventriloque, ils convoquent tous leurs talents pour se persuader, comme dans les cabarets des années 30 que la crise est finie. Dans une ambiance très strass et paillettes, il faut voir Andrew (Nigel Hollidge) en longue robe rouge, boa noir autour du cou, passer dans la salle en chantant Je cherche un millionnaire, s’arrêter devant des spectateurs avant de les récuser, « critique, c’est pas la peine, intermittent du spectacle, inutile ». On passe du comique avec La vache à 1000 francs, reprise par Jean Poiré de la chanson de Brel, à l’ambiance survoltée de Money, money. Peu à peu le clinquant se fissure, les intérêts prennent trop de place, ils chantent Ah si j’avais des sous et le cynisme pointe son nez avec la chanson de Didier Super Y’en a marre des pauvres, y font aucun effort ! Pourtant à la fin, il reste sur scène une petite troupe fatiguée, mais unie et quand Andrew chante Youkadi, la très belle chanson de Kurt Weill, on a des frissons.

Micheline Rousselet

Du mardi au samedi à 21h30, le dimanche à 19h
Théâtre du Lucernaire
53 rue Notre Dame des Champs, 75006 PARIS
Réduc’SNES sur réservation : 01 45 44 57 34

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