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Un film d’ Arnaud Viard (France)

"Arnaud fait son 2ème film" Sortie en salles le 1er avril 215.

A quarante-cinq ans, Arnaud est un artiste qui a bourlingué. A vingt-six ans, il délaisse un boulot lucratif dans la pub pour devenir apprenti comédien au cours Florent. Il déchire les tickets à l’entrée des théâtres, fait de la figuration dans les spectacles de Robert Hossein puis réalise un court métrage, suivi d’ un second, " Mon jeu des 7 familles" dont le sujet donnera lieu, huit années plus tard, à son premier long métrage " Clara et moi" dont la sortie sur les écrans ne passe pas inaperçue .

En attendant de passer au second, et le temps de plusieurs projets avortés, il fait l’acteur dans des publicités avant de devenir un personnage récurrent dans une série télévisée.

Lassé d’attendre le feu vert de producteurs de plus en plus prudents au moment de financer son film, il décide, avec très peu d’argent et la complicité d’une équipe prête à se lancer dans une aventure, de tourner un deuxième long métrage dont le scénario est largement inspiré de sa propre vie.

Cinéma : Arnaud fait son 2° film

" Arnaud fait son 2 ème film " commence mal avec une scène dont on se demande pour quelle raison, elle n’a pas été coupée au montage.

Arnaud, installé sur la cuvette de ses WC, compare la vie au fonctionnement d’un transit intestinal capricieux qui après une période de constipation, peut connaître des moments de confort et de sérénité.

C’est peut-être parce qu’à partir de là, on s’attendait au pire qu’on regarde avec intérêt la suite. Et on a raison de ne pas se laisser décourager car, au fur et à mesure qu’on avance dans le film, le récit devient attachant avec parfois des moments très réussis, drôles ou d’émotion et une tonalité générale qui trouve son unité.

Arnaud Viard ratisse large et même si dans son déroulement, son film n’évite pas les clichés, le comédien et le metteur en scène s’accordent pour mettre en avant une énergie, une bonne humeur, une candeur qui finissent par rendre l’entreprise sympathique.

Il n’est pas seul à traiter du sujet du réalisateur en panne, faute de budget. Il y a eu Dante Desarthe " Je me fais rare" et en 2012 " Je fais feu de tout bois" ou René Féret, " Le prochain film" .

Des œuvres le plus souvent très inventives qui ont en commun de jouer la carte de la douloureuse réalité et d’avoir été montées sans beaucoup d’argent.

Le film d’Arnaud Viard a été bouclé avec 500 000 € et il n’y a plus qu’à espérer qu’il ne connaîtra pas une sortie trop confidentielle et qu’une petite reconnaissance de la part de la critique et du public permettra d’ouvrir sur d’autres projets.

Depuis ses amours hésitantes balançant entre la femme de sa vie et une de ses élèves qui, finalement, préférera interpréter " La mouette" auprès d’un metteur en scène de théâtre prometteur que de jouer dans son second film, en passant par une expérience de professorat au Cours Florent pour tenter d’éponger un découvert grossissant à sa banque, des déplacements en train onéreux pour aller rendre visite en province à sa mère atteinte d’un cancer incurable, jusqu’aux inévitables démêlés avec des sœurs se chamaillant l’héritage d’une bague de fiançailles, rien ne manque.

Il est difficile de se prononcer sur les qualités de réalisateur d’Arnaud Viard tant son enthousiasme fait écran mais il y a, indiscutablement, dans son film, de très beaux moments qu’ils soient joyeux ou dans la gravité.

Bon signe !

Francis Dubois

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