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Un film de Sophie Fillières (France)

"Arrête ou je continue" Sortie en salles le 5 mars 2014.

Pomme et Pierre sont sur la pente descendante du couple. Mais alors que, manifestement, ils supportent mal la présence l’un de l’autre, ils essaient de "sauver les meubles".

Ainsi cette randonnée qu’ils entreprennent en tête à tête mais à laquelle Pomme mettra un terme en laissant subitement Pierre rentrer seul.

Dans la première demi-heure du film, on retrouve l’univers cher à Sophie Fillières avec des situations et des dialogues déjantés qui se présentent sous la forme de courtes séquences-flashes irrésistibles et magnifiquement relayées par les comédiens.

Mais le plaisir de ce jeu de ping-pong dont la charme est d’abonder dans l’absurde et qui ressemble à un brillant exercice de style, ne plante pas réellement les bases d’une situation conjugale difficile, voire irrémédiable.

Du coup, lorsque la randonnée tourne court et que Pomme disparaît derrière les branchages sous le regard effaré de Pierre, on ne comprend pas bien la démarche de la jeune femme et encore moins ce qu’elle veut se prouver (et nous prouver) en devenant une femme des bois qui, à l’occasion, converse avec un couple de lapins ou sauve un jeune chamois tombé dans un trou à ses pieds.

De longues séquences durant, on assiste aux déambulations de Pomme à travers la forêt.

On la surprend dormant sur un amoncellement de bûches. On la retrouve au réveil, percluse de douleurs, se réchauffant devant un feu de branchage, se lavant dans le courant d’une rivière…

Il y a certainement une signification aux détails attendus de cette escapade sylvestre. Il est fort possible qu’à partir de sa présence prolongée en forêt, Sophie Fillières ait voulu nous montrer le chemin que la jeune femme entreprend vers l’autonomie, sa liberté, et qu’elle ait mis dans ce "retour aux sources" l’amorce de sa décision finale.

Il est probable qu’il faille "accrocher" au récit dès les premières images et prendre les virages narratifs sans se poser de questions, se laisser totalement porter par le déroulement des faits, s’émerveiller face à la prestation d’actrice d’Emmanuelle Devos présente à l’image d’un bout à l’autre du film et qui n’a jamais été aussi bien photographiée.

Retrouver la belle présence de Mathieu Amalric, toujours parfait.

La première demi-heure du film est très drôle. Le reste est laissé à l’appréciation de chaque spectateur qui trouvera du sens ou pas, à l’escapade de Pomme.

Francis Dubois

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