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Un film de Carles Balagué (Espagne)

"Arropiero, le vagabond de la mort" Sortie en salles le 24 mars

Manuel Delgado Villegas, El Arropiero, est l’assassin en série le plus tristement célèbre de l’histoire de l’Europe. Vagabond errant, il a reconnu 48 meurtres commis en France, en Italie. et en Espagne. L’extrême violence de ses crimes a amené la justice, la police et les psychiatres à décider son placement en hôpital psychiatrique. Enfermé à vie, aucun jugement n’a jamais été prononcé pour les crimes qui lui ont été imputés. Soumis à des thérapies très dures, il est mort en 1998 et il persiste aujourd’hui un grand mystère autour de sa vie et de ses agissements.
Manuel Delgado Villegas tuait de façon aléatoire, et ses victimes pouvaient aussi bien être des bourgeois, une hippie, des homosexuels ou une jeune femme handicapée mentale nymphomane avec laquelle il avait une relation amoureuse. Passé par la Légion étrangère qu’il dut quitter pour crises d’épilepsie répétées, il a servi comme tueur pour le compte de la mafia marseillaise. Il a vendu son sang, s’est prostitué, a vécu de mendicité et il pouvait se comporter comme le plus charmant des enjôleurs, un être dépravé ou un garçon direct et sympathique.
En mêlant réalité et fiction, Carles Balagué dresse d’Arropiero un portrait fidèle à toutes ces facettes contrastées d’un personnage insaisissable. Le film est aussi l’histoire d’une amitié entre le meurtrier récidiviste et les deux policiers qui l’ont escorté pour la reconstitution des crimes à travers l’Espagne.
"Arropiero" se compose de trois parties. Un premier épisode s’attache à la personnalité mégalomane de l’individu qui inspira d’autres tueurs en série. La seconde partie est le voyage du tueur à travers l’Espagne, les endroits, de Puerto de Santa Maria, Cadiz, Barcelone et Ibiza entre autres où il a perpétré ses crimes. Le troisième volet du film relate les effets produits par l’extrême cruauté des faits sur une société espagnole qui ne savait comment affronter ce phénomène extrême.
Chacune de ses parties repose sur différents témoignages. Ceux des policiers qui l’ont arrêté, des psychiatres qui ont tenté à partir de la particularité de chacun de ses crimes, de percer la personnalité de l’homme et ses motivations à tuer, de différentes autres personnes qui l’ont croisé ou connu.
Les études de psychiatres de nombreux pays l’ont identifié comme un psychopathe rendu très dangereux par la présence dans son caryotype du chromosome XYY nommé chromosome Lombroso ou chromosome de la criminalité. Une altération génétique qui le privait à certains moments de toute conscience, du sens de la culpabilité ou de moindre remords. Ce qui explique qu’après avoir décrit ses crimes, s’en être vanté, il pouvait tout autant, les nier complètement.
Le film qui tente, en réunissant des éléments de recherches, d’aller plus loin dans les investigations et dans la découverte de la vérité, est une œuvre dure mais troublante.
Francis Dubois

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