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Un film de Juanita Wilson (Irlande-Macédoine-Suède)

"As if I am not there" Sortie en salles le 20 février 2013

Samira est une jeune fille qui vit encore avec sa famille à Sarajevo. Institutrice débutante, elle est nommée pour un remplacement dans un petit village de Bosnie.

Enthousiaste, elle se consacre à sa mission jusqu’au jour où, avec tous les autres habitants du bourg, elle est déportée dans un camp. Épargnée jusque-là, elle prend la mesure de la violence militaire dès son arrivée, quand des scènes d’horreur se déroulent autour d’elle.

Elle-même, jeune et jolie, devient le "jouet" des officiers. C’est alors, pour Samira, le début d’un long cauchemar.

Prise dans l’étau des circonstances, elle entrera avec un chef militaire dans le jeu de la séduction auquel l’un et l’autre se laisseront prendre.

Libérée, elle porte dans son ventre le fruit des viols et la grossesse est trop avancée pour envisager un avortement.

Juanita Wilson a choisi de réaliser un film souvent silencieux, faisant de Samira, le personnage principal du récit, une observatrice à travers le regard de qui tout se lit.

Le contexte politique confus renforce la peur qui plonge les protagonistes dans une sorte d’engourdissement.

La peur, l’incertitude qui menacent jusqu’au moment présent, nuisent à la solidarité qui pourrait exister entre les personnes et il résulte de l’individualisme qui saisit chacun une sorte de honte née d’un vague reste de lucidité.

Il est des films et " As if I am not there" est de ceux-là, dont le propos louable interdirait la moindre critique.

Cependant les sujets que sont la violence en temps de guerre, le viol des femmes et des enfants, toutes sortes de dérapages extrêmes qu’engendrent des circonstances particulières nécessitent qu’on les aborde avec infiniment de précaution à défaut de quoi, leur dénonciation

peut devenir anecdotique et perdre de son impact.

Le traitement du film de Juanita Wilson aurait gagné à être plus sobre, moins démonstratif. Ainsi la scène du viol de Samira par les trois militaires, caméra face, est une erreur. Elle aurait sans aucun doute été plus efficace dans l’effroi si elle n’avait été que suggérée ou si elle s’était passée hors champ. Or, telle qu’elle est filmée, répétée, allongée dans le temps, elle devient redondante pour ne pas dire complaisante.

Il en est de même des séquences concernant les petites filles. Là encore, une image trop insistante nuit à la prise en compte de la cruauté.

Par ailleurs comment imaginer que le petit sac qui constitue le seul bagage de Samira contienne une garde-robe aussi abondante.

Si le déroulement du film fait parfois fausse route, il garde sa valeur de témoignage et il n’est pas inutile de rappeler l’horreur de ce qu’on peut s’infliger entre êtres humains dans des contextes où les circonstances laissent libre accès à toutes les atrocités où les débordements

criminels se retrouvent totalement décomplexés.

La jeune comédienne macédonienne, Natasa Petrovic, dont c’est ici le premier tôle dans un long métrage, s’acquitte avec beaucoup de sensibilité d’un personnage en péril.

"Francis Dubois

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