SNEN (NIGER)

Atelier sur la communication / la carrière / les élections professionnelles

Atelier de coopération - 25, 26 décembre 2014

Un atelier de coopération a regroupé pendant deux jours des représentants de 35 sections régionales du Niger.

Alors qu’un projet de refonte du statut particulier des enseignants est en discussion entre le SNEN et le ministère, l’atelier a été l’occasion de réfléchir en profondeur au contenu d’un statut. Quelles convergences et quelles solidarités rechercher, au moyen du statut général de la Fonction Publique ? Quelles spécificités du métier d’enseignant prendre en compte dans un statut particulier ?

Ces questionnements ont conduit à s’interroger sur les finalités de l’Ecole, au-delà de l’acquisition de connaissances : esprit critique permettant de prendre une part active à la vie associative/politique, culture pour l’épanouissement personnel... Et en conséquence, quelle formation pour les enseignants ? Quelles conditions de travail, permettant l’atteinte des objectifs ? Quelle rémunération, pour attirer des étudiants de bon niveau ? Quelles primes/bonifications, pour quelles raisons ? Plusieurs participants ont ainsi cité les risques liés à la présence d’hippopotames pour les écoles situées sur le fleuve Niger...

Une partie des débats a porté sur la nécessité d’une vraie carrière, d’une grille salariale attractive adossée au statut particulier. Ce qui a posé la question de la motivation : comment faire en sorte qu’un professeur continue à enseigner, sans rechercher un débouché de carrière dans des services administratifs ? En plus de la rémunération, a aussi été abordée la question des mutations, de la transparence des commissions, de la représentation syndicale.

Le lien a ainsi pu être fait avec les élections professionnelles, prévues en février. Pour la première fois, chaque enseignant, de même que tous les salariés du public et du privé, sera invité à voter pour la centrale de son choix (parmi 14).
Le SNEN, implanté depuis longtemps dans l’ensemble du pays, en attend une clarification du paysage syndical, pour en finir avec une atomisation qui fait souvent le jeu des autorités, et pour restaurer la confiance de la profession dans le syndicalisme.

Les séquences de travail en petits groupes et en plénière ont permis de riches échanges, qui ne manqueront pas d’être poursuivis dans les semaines qui viennent.

Assemblée générale annuelle - 27, 28 décembre 2014

Le SNEN Niger a tenu son assemblée générale annuelle (AGA) avec des représentants de 70 des 73 sections. Au total, c’est une assemblée de près de 100 militants qui a fait le point précis de l’application des mandats de l’AG précédente (en mars 2014), de la situation, pour finalement en tirer une série de recommandations.

Avant même l’AGA, une commission, composée de membres du bureau national et de représentants des régions, a auditionné pendant trois journées chaque membre du bureau national responsable d’un secteur, ainsi que chaque secrétaire général de commission régionale. Toute l’activité a été passée au crible : respect des mandats, bilan financier... Cette commission a ensuite présenté ses conclusions à l’AGA en plénière, avec dans chaque cas les points positifs, les points négatifs, ainsi que les recommandations.

Les débats ont montré ont forte attente de la publication rapide du décret sur le nouveau statut particulier des enseignants, perçu comme une victoire du SNEN qui le mettrait en bonne posture pour les élections professionnelles prévues en février.
Une mobilisation, par la grève, a été proposée par certains représentants régionaux, mais les doutes quant à la capacité à mobiliser largement la profession l’ont finalement emporté.

En outre, les difficultés de syndicalisation ont été abordées, notamment les irrégularités dans le prélèvement à la source des cotisations : certains collègues ont été indûment prélevés par d’autres syndicats, et faire rectifier ces erreurs a relevé du parcours du combattant. L’Etat s’est engagé à davantage de rigueur dans ces opérations, et le SNEN, de son côté, cherche à mieux tenir à jour son fichier d’adhérents.

L’entrée dans le métier par la précarité demeure un problème majeur au Niger. Après quatre années obligatoires dans ces conditions, avec des diplômes de recrutement très variables, chaque enseignant contractuel peut déposer un dossier de demande de titularisation. Selon sa situation personnelle et ses diplômes, il peut espérer être intégré par le jury. Certains attendent dix années voire davantage, avec des hausses de salaires insignifiantes.
Trouver des revendications unifiantes reste un véritable défi pour le SNEN, pour éviter que des contractuels ne rejoignent des formations syndicales créées uniquement pour cette catégorie.

Le prochain congrès du SNEN est prévu en décembre 2015.

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