Actualité théâtrale

Jusqu’au 9 octobre au Théâtre du Lucernaire

« Au bonheur des hommes »

Au bonheur des hommes nous ramène aux beaux jours du cabaret satirique allemand des années vingt. Il nous promène à la lisière des genres, du concert jazz et musiques du monde au cabaret déjanté et au théâtre d’intervention. Sur un ton humoristique et provocateur, il s’attaque aux aberrations de notre pays et de ses politiques mais aussi à celles de la planète.

Trois comédiens-chanteurs, Véronique Ataly, Christian Gaitch et Bernard Lecoq, par ailleurs auteur des textes, à travers saynètes et chansons s’attaquent à bon nombre des sujets qui nous agacent ou nous font discuter chaque jour. Le texte est fort drôle, l’identité nationale, le politiquement correct et son langage approprié (les enseignants apprécieront particulièrement le « on ne dit plus en échec scolaire, mais en résultats différés »), le travailler plus pour gagner plus, le libre-échange, les ONG et les OGM, les nouvelles guerres de religion et bien d’autres sujets brûlants sont ainsi passés à la moulinette du rire, un rire qui chatouille la réflexion, un rire provocateur souvent. Ils n’hésitent pas à convoquer le calembour, la critique acide (« plus vous aurez peur, plus vous serez de parfaits téléspectateurs ») et l’humour noir. La mise en scène est astucieuse, ainsi cherchez comment en coupant les cinq mots de travailler plus pour gagner plus et en les déplaçant vous pouvez en changer le sens. Le spectacle vous le démontrera ! Les trois comédiens-chanteurs sont à la fois des présentateurs, des porte-parole, des avocats ou des accusateurs qui n’hésitent pas à en appeler parfois à la salle. Ils sont très bons tous les trois.
Ils sont accompagnés par trois musiciennes et chanteuses, Clarisse Catarino qui a fait la musique du spectacle, à l’accordéon, Eva Slongo au violon et Anne Gouraud-Shrestha à la contrebasse. Elles passent du tango ou de la musique tzigane au jazz manouche. Elles ne se contentent pas d’accompagner, elles créent une atmosphère, participent à l’action et mêlent leur voix à l’ensemble.
Pour ceux qui seront à Paris en août, mais rassurez-vous cela continue après, réjouissez-vous à ce spectacle qui déclare ouverte la guerre des mots, qui se moque du ridicule et du superflu qui apparaît si indispensable à certains, qui dénonce l’absurde injustice, qui ne le fait pas qu’en paroles mais aussi en chansons. Enfin un spectacle d’humour où l’on se sent intelligent en sortant.
Micheline Rousselet

Du mardi au samedi à 21h30 et les dimanches 11, 18, 25 septembre et 2 et 9 octobre à 15h.

Le Lucernaire
53 rue Notre-Dame-des-Champs, 75006 Paris
Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) : 01 45 48 91 10

Autres articles de la rubrique Actualité théâtrale

  • Alain Paris chante les fables de La Fontaine
    Est-ce l’horaire ? Est-ce le lieu très excentré près des remparts de l’Oulle ? Il y avait peu de monde pour ce joli spectacle et c’est bien dommage. Alain Paris chante les fables de La Fontaine,... Lire la suite (17 juillet)
  • Beaucoup de bruit pour rien
    La modernité de cette pièce écrite en 1600 est saisissante. Elle est accentuée par la mise en scène intelligente de Salomé Villiers et Pierre Hélie. L’action est placée dans un cadre qui évoque tout... Lire la suite (8 juillet)
  • « Dévotion, dernière offrande aux dieux morts »
    Clément Bondu, écrivain, poète, musicien et metteur en scène en résidence aux Plateaux Sauvages signe le texte et la mise en scène de ce spectacle dont il nourrissait le projet depuis plusieurs années... Lire la suite (3 juillet)
  • « Comment ça va ? »
    Cette question appelle toujours ou presque la même réponse « Bien » ! Pourtant quand on est une comédienne qui vient d’avoir cinquante ans, qu’on a un mari informaticien au chômage et un fils adolescent... Lire la suite (26 juin)
  • « 107 ans »
    Simon a tout de suite aimé Lucie quand il l’a rencontrée dans la cour de récréation et qu’elle lui a parlé de Jane Austen. Simon, assis à une table devant une feuille de papier, se souvient de Lucie qui,... Lire la suite (26 juin)