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Un film de Nicolas Bary (France)

"Au bonheur des ogres" Sortie en salles le 16 octobre 2013.

Adapter au cinéma le roman de Daniel Pennac était-il chose possible ? Le projet couvait depuis longtemps sans aboutir. Le scénario qu’ont écrit Nicolas Bary, Jérôme Fansten et Serge Friedman a finalement reçu l’accord de l’écrivain.

La famille Malaussène n’est pas une famille comme les autres. La mère sans cesse en cavale amoureuse, c’est le frère aîné, Benjamin, qui a pris les choses en main. Le fonctionnement pour le moins désordonné de la fratrie n’empêche pas la famille d’être heureuse et unie.

Pour faire "bouillir la marmite", Benjamin Malaussène travaille dans un grand magasin parisien officiellement comme technicien, mais en réalité il occupe le poste non répertorié sur la liste des employés de bouc émissaire professionnel.

C’est à lui qu’incombe la responsabilité des articles défectueux, des avaries dans le magasin, le face à face avec les clients mécontents…

Mais bientôt des soupçons pèsent sur Benjamin car sur son passage, des incidents ne cessent de survenir. La police alertée est sur ses gardes. Les collègues sont sur le qui-vive.

Il s’agit pour Benjamin Malaussène de savoir pourquoi, comment ces mystérieux événements se produisent et surtout, qui pourrait bien lui en vouloir au point de lui faire porter le chapeau.

Le candide Benjamin va devoir mener sa propre enquête pour trouver des réponses. La complicité d’une journaliste intrépide et séduisante, Tante Julia, lui sera d’autant plus précieuse qu’ils finiront par filer le grand amour.

Nicalas Bary s’est démené comme un beau diable pour donner un rythme à son film. Mais le moyen qu’il a trouvé, un montage syncopé à la façon d’un clip, ne fait pas tout à fait l’affaire. Et du coup, l’histoire sonne souvent creux, semble sans cesse s’égarer dans tous les sens et les personnages, pris dans la tourmente, ont beaucoup de mal à exister.

Pourtant les comédiens semblent, eux aussi, avoir retroussé les manches pour rendre ce qu’il y a de déjanté, dans ce récit de Daniel Pennac. Raphaël Personnaz en tête qui avait la lourde tâche d’interpréter Benjamin Malussène ne trouve, malgré une belle énergie, qu’occasionnellement la tonalité de jeu qui aurait dû donner un vrai souffle à son personnage. Bérénice Bejo en dépit de sa démarche altière et de sa chevelure flamboyante, n’est pas non plus très convaincante et donne une "Tante Julia" qui semble être là en visite.

Étonnamment, ce sont les personnages secondaires qui sont les plus réussis et qui font leur affaire d’un dialogue souvent attendu.

Mélanie Bernier et Armande Boulanger sont très bien.

Un coup pour rien ? Non, pas tout à fait. Il y a tout de même quelques moments où Nicolas Bary donne du souffle au récit.

Au final, un film qui, quoiqu’un peu flemmard, peut se voir comme un pur divertissement.

Francis Dubois

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