Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

Un film de Renaud Cohen (France)

"Au cas où je n’aurais pas la Palme d’Or" Sortie en salles le 11 juillet 2012

Il y a quelques années, Simon a réalisé un film qui a été plutôt bien reçu. Mais depuis, aucun de ses projets n’a abouti et le voilà plongé dans l’attente, l’impatience et la frustration du créateur.

A la suite d’un pari avec un ami, il est amené à se raser le crâne après quoi, il se découvre, au sommet de la tête, une bosse suspecte.

Se pensant atteint d’une tumeur maligne, il décide de tourner dans l’urgence la comédie de sa vie. Pour cela, il fait appel à sa famille, ses amis, des acteurs et met en vente le pavillon de ses parents.

" Au cas où je n’aurais pas la Palme d’Or" est un film d’inspiration autobiographique. En 2001, Renaud Cohen réalisait "Quand on sera grand" un long métrage prometteur qui laissait supposer qu’il en tournerait d’autres. Au lieu de cela, il a voyagé et surtout réalisé des documentaires en Chine.

C’est effectivement son hypocondrie naturelle qui l’a contraint à tourner un nouveau film, à défaut de quoi il pensait qu’il allait développer de terribles maladies.

On l’aura compris, "Au cas où je n’aurais pas la palme d’or" est une comédie qui fonctionne sur l’autodérision, sensée transformer le pathétique en comique et les cris de désespoir en éclats de rire.

Il y a de ça dans le film de Renaud Cohen. Les ingrédients sont réunis et, habité par un brin de folie, le personnage de Simon, quand il se démène comme un beau diable pour arriver à ses fins, mêle efficacement énergie et candeur.

Mélanger acteurs professionnels, et pas des moindres, avec ses vrais parents, sa vraie compagne, ses vrais enfants, son faux médecin, imbriquer fiction et documentaire et laisser le récit osciller sans cesse entre réalisme et loufoquerie étaient autant de bonnes idées.

Alors à quoi tient que parfois, le film chausse des semelles de plomb ? Que les gags patinent ou ratent leur cible, que les efforts des uns et des autres pour être au diapason des volontés du metteur en scène font tourner à vide ?

Est-ce un problème de frilosité de la part de Renaud Cohen ? Aurait-il fallu plus d’audace, plus de "folie" ou bien la faiblesse est-elle dans le "liant" qui fait défaut et transforme parfois le film en un enchaînement de sketchs ?

Malgré tout, cette comédie qui reste dans une tonalité délicate et ne sombre jamais dans la vulgarité, en vaut bien d’autres qui ont remporté de grands succès publics…

Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • « La chute de l’empire américain »
    Malgré un doctorat en philosophie, Pierre-Paul Daoust est chauffeur pour une société de livraison. Un jour, il assiste à un hold-up au cours duquel deux des trois malfaiteurs sont abattus,... Lire la suite (18 février)
  • « Les moissonneurs »
    En Afrique du Sud, Free State est le bastion d’une communauté blanche isolée, les Africaners. Au milieu d’une famille de riches éleveurs, catholiques fervents, profondément conservateurs où la force... Lire la suite (17 février)
  • « La liberté »
    Dans la plaine orientale corse, Casabianda est un centre de détention au sein d’un vaste domaine agricole. C’est une prison à ciel ouvert qui n’a rien à voir pour l’essentiel des conditions de vie... Lire la suite (17 février)
  • « Peu m’importe si l’histoire nous considère comme des barbares »
    En 1941, l’armée roumaine massacre 20 000 juifs à Odessa. De nos jours, une jeune réalisatrice s’attache au projet de monter un spectacle de cet épisode douloureux, par une reconstitution militaire,... Lire la suite (16 février)
  • « Rencontrer mon père »
    Aujourd’hui Alassane Diago, est devenu un adulte, réalisateur de films. Il décide d’aller à la rencontre de son père qui les a abandonnés, sa mère et lui, sans avoir crié gare, les laissant subitement... Lire la suite (15 février)