Actualité théâtrale

Ciné 13 Théâtre - Partenaire Réduc’Snes - jusqu’au 5 janvier 2013

"Au plus simple" Texte et mise en scène de Frédéric Tokarz

Benoît annonce à Tiphaine qu’il a invité à dîner Alex, son collègue, un ami du couple depuis toujours, qui se retrouve seul après une séparation. Tiphaine, de son côté, a invité Émilie, une amie récente, célibataire et qui ne connaît pas encore Benoît.

Alex arrive le premier et l’idée vient au trio, pour le simple plaisir du canular d’inverser les rôles, de présenter à Émilie, Alex comme le mari de Tiphaine et Benoît, comme l’ami du couple.

Ce qu’ils ignorent, c’est que cette idée de potache qu’ils imaginaient comme un jeu anodin, va avoir des conséquences plus profondes qui transformeront le quiproquo en situations grinçantes et en règlements de comptes.

L’idée n’est pas neuve, mais la vigueur de jeu des comédiens convient bien à la supercherie et à la cascade de situations qu’elle engendre.

Le rythme est vif, le ton est à la bonne humeur et quand apparaissent les premiers accrocs dans le déroulement de la soirée, on est encore dans la comédie.

Frédéric Tokarz aurait dû s’en tenir aux ressorts provoqués par l’échange des rôles. Cela aurait suffi à alimenter, avec les rebondissements, une comédie livrée à la tonicité des comédiens, sans autre prétention que celle d’amuser.

Lorsque le canular lancé comme un jeu anodin, revient en boomerang et réveille de vieux sentiments qu’on avait enfouis, la pièce parvient, malgré les grincements venus du passé, à rester dans le domaine de la drôlerie.

Le tort qu’a eu Frédéric Tokarz est d’avoir "chargé la barque" avec des rajouts faisant référence à des problèmes actuels : précarité professionnelle, délocalisation, endettements des jeunes couples, négociations avec les banques…

Sans doute a-t-il pensé qu’en incluant dans la comédie des éléments venant en rupture, il allait donner plus de tenue à sa pièce.

Or, ces rajouts qui ne "prennent" pas s’avèrent inutiles.

A cette réserve près, l’échafaudage des quiproquos, l’imbrication des situations, l’entrecroisement des subterfuges sont plutôt adroits et l’ensemble fonctionne bien.

Le public qui n’est venu là que pour une heure et demie de divertissement trouve son compte avec ce spectacle qui est une agréable "bulle".

Francis Dubois

Ciné 13 Théâtre, 1 Avenue Junot 75 018 Paris

Théâtre LEPIC

Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) : 01 42 54 15 12

Autres articles de la rubrique Actualité théâtrale

  • « À deux heures du matin »
    Pourquoi cet homme n’a-t-il pas allumé son téléphone portable depuis trois jours, pourquoi a-t-il effacé son compte facebook pour le rouvrir peu après sous un autre nom, pourquoi n’a-t-il pas pris... Lire la suite (17 septembre)
  • « Danser à la Lughnasa »
    Un jeune homme se souvient de l’été 1936 dans la maison familiale isolée en Irlande où il vivait avec sa mère et ses quatre tantes. Michaël s’en souvient car il y eut cet été là le retour de son oncle,... Lire la suite (16 septembre)
  • « Les naufragés » suivi de « La fin de l’homme rouge »
    Après Ressusciter les morts , Emmanuel Meirieu s’attache à nouveau à adapter deux livres témoignages, Les naufragés, avec les clochards de Paris de Patrick Declerck et La fin de l’homme rouge de... Lire la suite (16 septembre)
  • Théâtre 14
    Les nouveaux directeurs du théâtre 14, Mathieu Touzé et Édouard Chapot, proposent aux abonnés et aux curieux, pendant la durée des travaux au théâtre qui vont durer jusqu’au 20 janvier, UN PARCOURS... Lire la suite (13 septembre)
  • « Tempête en juin »
    Ce sont les deux parties de Suite française que Virginie Lemoine et Stéphane Laporte ont adapté et mis en scène (Virginie Lemoine seule pour la seconde partie) dans ces deux spectacles. Irène... Lire la suite (13 septembre)