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Un film de Mohammad Rasoulof (Iran)

"Au revoir" Sortie en salles le 7 septembre 2011

En Iran, aujourd’hui. Une jeune avocate récemment diplômée se voit retirer sa licence d’exercer. Elle est enceinte et son mari journaliste vit loin d’elle, dans la clandestinité. Traquée par le pouvoir, confrontée à des tracasseries administratives constantes, elle se sent de plus en plus étrangère dans son propre pays.
Elle prend la décision de fuir à l’étranger.
On a reproché au film de Mohammad Rasoulof de donner une image trop négative et noire de l’Iran et au réalisateur, par son propos, d’avoir trahi son pays.
Celui-ci n’a pas obtenu l’autorisation du gouvernement iranien pour se rendre au Festival de Cannes où le film était projeté dans la section "Un certain Regard".
Plus tard, l’Iran a considéré que la sélection du film à Cannes et l’obtention du Prix de la mise en scène "Un certain Regard" et du Prix François Chalais, était une trahison et que le Festival avait fait, avec ces récompenses injustifiées, un acte politique.
La majorité des médias en Iran, favorables à l’Etat, ont mené une campagne de dénigrement à propos du film, disant qu’il était faible et dénué de qualités artistiques.
Un synopsis falsifié a même été publié pour décourager le public d’aller voir le film.
Autant de manipulations qui vont rendre difficile le tournage d’un autre film pour Mohammad Rasoulof…
"Au revoir" dénonce les difficultés et les contraintes d’un journaliste et d’une avocate, les retombées multiples des agissements d’un régime totalitaire sur la vie au quotidien de personnes qui ne répondent pas aux critères du "bon citoyen"…
Le couple, confronté à une constante atteinte à la liberté, aux tracasseries administratives et à une menace permanente est acculé à la clandestinité pour l’homme et à un isolement et une résignation insoutenables pour la femme.
La démonstration que fait Mohammad Rasoulof de ce quotidien précaire aurait sans doute gagné à être moins prolixe en difficultés. Tant d’obstacles accumulés finissent par desservir le sujet. La jeune femme est dans l’impossibilité d’exercer son métier. Elle est séparée de son mari qui a dû abandonner son activité de journaliste pour être grutier sur un chantier. Elle est enceinte et des examens médicaux de routine décèlent chez le fœtus, une anomalie grave qui en fera un enfant anormal…
L’accumulation des difficultés et obstacles fait contraste avec le parti pris sobre de la mise en scène et la comédienne qui joue Noura a un jeu dramatique trop égal, cantonné à la seule expression de la résignation.
On aurait aimé un autre souffle à son interprétation et peut-être plus de naturel dans son aspect physique. Son visage parfaitement maquillé, d’un bout à l’autre du film, ne va pas toujours avec le contenu dramatique du récit
Le cinéma iranien n’engendre pas que des chefs d’œuvre mais il faut reconnaître à l’ensemble de sa production, qu’elle a le courage d’aborder, en dépit des risques que les producteurs et metteurs en scène encourent, des sujets qui rendent compte de l’état du pays et qui fâchent le régime …
Francis Dubois

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